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Incompréhensible.

Avis sur Les Hommes du président

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Critique publiée par le (modifiée le )

Ce n’est pas mal filmé, ce n’est pas mal rythmé, ce n’est pas mal interprété, bien au contraire (avec une mention spéciale à Jason Robards), mais qu’est-ce que c’est ennuyeux…

Si ça commence assez bien, avec des images de thriller impeccables, ça se perd au fur et à mesure que l’enquête avance, comme le mince fil d’eau de l’oued se perd dans les sables. On finit par ne plus rien comprendre, par mélanger tous les noms cités, qui correspondent à des personnages que, pour la plupart, on ne verra pas à l’écran, à être dépité par l’enchevêtrement tortueux de l’intrigue et, finalement, par le faux suspense de l’histoire, dont on sait comment elle s’est terminée.

Ce reproche là est le plus grave, tant un conteur de qualité sait, lorsqu’il connaît son métier, vous tenir en haleine jusqu’au bout et, à chaque fois, vous faire espérer – ou craindre – que ce qui s’est réellement passé peut être encore bouleversé (du type Ponce Pilate parviendra-t-il à sauver Jésus-Christ ? Louis XVI parviendra-t-il à ne pas être arrêté à Varennes ? Napoléon ne va-t-il pas voir arriver plutôt Grouchy que Blücher ?).

Dans Les hommes du Président, la machine va son chemin, un peu plus complexe à chaque séquence, mais accroche bien rarement. Je ne doute pas que le film de Pakula soit parfaitement conforme au livre des vrais Woodward (Robert Redford) et Bernstein (Dustin Hoffman) et que le livre retrace tout aussi fidèlement l’enquête menée par les deux journalistes, foisonnant de détails et de petits faits vrais…

Mais enfin, l’enquête, comme toute enquête, quand elle n’est pas transcendée par la fiction, est précisément faite de tas de strates nullement spectaculaires, d’une accumulation de noms, de numéros de téléphone, de témoignages incertains. Peut-on faire un film à partir de milliers de pages de dossiers en restant fidèle à l’exactitude, mais, parallèlement, en ne privilégiant pas le spectaculaire ? J’en doute fortement et Les hommes du Président me confortent plutôt dans mon point de vue : la précision n’est pas romanesque. Et les deux heures du film sont bien longuettes.

On demeure naturellement effaré qu’une histoire de cornecul, blâmable, sans doute, mais qui ne remettait nullement en cause la force de la démocratie étasunienne, ait abouti à la lamentable démission de Richard Nixon, un des rares hommes d’État qui avait su mener son pays sur des chemins intelligents. De temps en temps, nos amis d’Outre-Atlantique sont saisis de folie. Avoir chassé un très grand Président pour une si petite faute demeure inimaginable en Europe civilisée.

Il est vrai que, depuis le Watergate, le moralisme parpaillot a gagné, chez nous, de solides positions…

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