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Les Indestructibles 2 par toma Uberwenig

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Les choses qui m'énervent le plus (de très loin) dans les séries télévisées, au point de me faire sortir complètement de l'oeuvre, sont les inconsistances d'écriture concernant les personnages.
C'est un des points qui m'avaient fait détester le médiocre Under The Dome, entre autres séries dont les personnages sont des girouettes dansant au gré des vents d'une triste incompétence scénaristique. Besoin d'un twist ? Hop, le Gentil devient tout Méchant, le temps d'un ou deux épisodes, avant de faire un mea culpa de pacotille et redevenir aussi plat et creux qu'auparavant, comme si de rien était.
Bref, je HAIS les paresses d'écriture concernant les personnages.

Et si Les Indestructibles 2 ne tombe pas dans ce travers spécifique, les amoureux du premier épisode ont de quoi pleurer des larmes de sang, pour peu qu'ils soient à la recherche d'une cohérence générale au niveau des personnalités.
Le père est plus balourd et tend vers le carrément mesquin, réduit à une caricature de lui-même, par intermittence, lorsque le scénario a besoin d'un ressort comique, et redevient "mature" là encore au gré des besoins des situations. Son ego boursouflé faisait certes partie de sa personnalité dans le premier opus, mais c'était un aspect au sein d'une personnalité plus complexe et mieux gérée, plus consistante.
La mère, présentée comme une femme forte et intelligente dans le premier, se laisse un peu trop facilement embobiner.
Les pouvoirs de Dash m'ont semblé avoir subi un sérieux downgrade.
Seule Violet est restée cohérente dans son évolution d'adolescente en quête d'affirmation de soi.
Et Jack Jack, égal à lui-même, même s'il reste cantonné au rôle de ressort burlesque et de Deus Ex Machina.

Et pourtant, malgré ce problème, qui est d'habitude rédhibitoire pour moi, j'ai vraiment aimé ce film.
Histoire d'enfoncer les portes ouvertes, posons que Pixar reste le maître de l'animation numérique et atteint des sommets dans l'art de la mise en scène et l'audace des choix de direction artistique.
Ils s'affranchissent toujours avec brio du photoréalisme tout en offrant une myriade de détails au sein des textures, de la physique des corps et des matières, des éclairages...etc. Leur niveau de maîtrise est avéré et tout ce qui se trouve à l'écran tient d'un choix mûrement réfléchi, chaque angle, chaque reflet, chaque mouvement.
Le mariage des codes de l'animation et ceux du cinéma "en dur" est parfaitement maîtrisé, et le spectacle est tout bonnement à couper le souffle (parfois littéralement, sans spoiler).
La gestion de l'action, les jeux de parallèle entre les situations rencontrées par nos héros ajoutent à ce sentiment de parfaite maîtrise de la réalisation.

Mais le coté téléphoné de l'intrigue centrale et le problème de cohérence d'écriture au niveau des personnages empêchent à ce Pixar de rejoindre les cimes atteintes par l'indétrônable Wall-E ou le magnifique Là-Haut, entre quelques autres (que je ne vais pas citer parce que bon, y en a vraiment pas mal, quand même, des excellents Pixar!)
Tout en restant dans l'ombre du premier opus sur certains points, Les indestructibles 2 reste un magistral film d'action, drôle, efficace, rondement mené et confirme, si besoin était, le rôle de Padre du Game qu'assume Pixar depuis de nombreuses années.
Mais une petite note d'amertume en bouche malgré tout...

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