Leçon d'humanité

Avis sur Les Invisibles

Avatar Maxime Saint Michel
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Critique originellement publiée dans Le labo d'Emmessem et Ben' D.
Des Invisibles, on en a tous déjà croisés. Pas des fantômes. Pas des êtres dotés de pouvoirs extraordinaires. Mais des humains qui se sont retrouvés à la rue et qui se battent pour s'en sortir contre un système qui ne veut pas d'eux. Qui leur demande de travailler, mais qui peine à leur fournir un emploi. Qui galère à leur trouver un logement, mais qui refuse de les laisser dormir dehors.

Les Invisibles sur lesquelles a choisi de se concentrer Louis-Julien Petit en s'inspirant du documentaire de Claire Lajeunie, sont des femmes qui ont tout perdu, sauf leur volonté de s'en sortir ; à condition qu'une étincelle vienne rallumer la flamme. Et ces héroïnes sont toutes jouées par des comédiennes qui ont un jour connu cette situation. Elles viennent raconter leur histoire.

Les Invisibles, c'est aussi l'histoire de nanas qui veulent aider, quel qu'en soit le prix. On retrouve Audrey Lamy, connue notamment pour Scènes de ménage, utilisée ici complètement à contre-emploi dans le rôle d'une travailleuse sociale, accompagnée par Corinne Masiero, toujours parfaite. Mais Noémie Lvovsky semble elle aussi camper un personnage sur-mesure.

Avec une structure classique et parfois trop visible - surtout quand on connaît la bande-annonce par coeur - Les Invisibles tient sa force de ses protagonistes, aussi drôles qu'attachants ; au masculin, car il y a quand même un homme joué par le génial Pablo Pauly. On ne s’apitoie pas, on a envie de suivre les personnages jusqu'au bout. Et surtout, on ne s'en moque pas.

Mais on ne rit quand même pas beaucoup dans Les Invisibles. D'abord car le trailer partage le défaut inhérent à toutes les bandes-annonces de comédie française : il dévoile les moments les plus drôles. Cependant, il faut noter que le long-métrage est surtout composé de moments de tendresse. Les héroïnes sont toutes perdues et on ne sait plus qui aide qui.

On reprochera au film ses dialogues parfois trop naturalistes, nés de la vérité qui anime les comédiennes, qui n'empêchent pas pour autant certaines perles de voir le jour ; Corinne Masiero tient la plus belle réplique du long-métrage. Alors, malgré une fin abrupte et certaines facilités dans le montage, Les Invisibles parvient à atteindre son objectif : transmettre une leçon d'humanité.

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