👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Il est facile de réduire ce City Lights à sa bouleversante scène finale.

Elle le vaut bien cependant tant elle se fait la synthèse de ce que le cinéma muet a de meilleur. L’absence de parole est alors un atout. Car elle sublime le jeu des acteurs. Car elle laisse le champ libre à la musique en tant que vecteur sentimental.
Le silence a rarement été aussi beau et riche.
Chaplin, maître en sa demeure, démontre avec une facilité déconcertante que cinq petites minutes suffisent à balayer dans les grandes largeurs le spectre des émotions humaines.

Pourtant, ce film est bien plus que cela.

Il est avant tout un choix courageux.
A l’heure de la montée en puissance du cinéma parlant, Chaplin choisit, défiant toute logique mercantile, de produire un muet. Il profitera des techniques du parlant pour appuyer son travail mais restera fidèle aux codes qui ont fait sa célébrité et aucun dialogue ne viendra troubler la beauté de la pellicule.
Chaplin est un esthète et le prouve par ce choix artistique.

Il est une œuvre mature, réfléchie. L’œuvre d’un vieux briscard du cinéma à qui on ne la fait pas.
La réalisation est parfaite, carrée, du beau travail. La caméra est dynamique mais sait ralentir son mouvement lorsqu’il le faut, finaliser l’intensité de l’ensemble, donner du champ aux acteurs quand la folie les prend, serrer leurs visages au plus près s’ils ont des choses à dire.

Paradoxalement, il est un rêve d’enfant.
L’enfant a grandi mais n’a jamais sacrifié son âme. L’enfant vit toujours, cohabite avec l’adulte et lui autorise toutes les pitreries, cautionne sa grandiloquence.
Cet enfant est innocent et, de cette innocence, découle une bonté contagieuse, belle à regarder.

Il est une invitation à faire le bien.
Quelles que soient les brimades, les déconvenues, sois bon envers les autres. Qui que tu sois, viens poser ta pierre sur l’édifice de la tolérance et de l’amour.
De cet amour naît la beauté. La beauté dans les yeux de Virginia Cherrill lorsqu'elle reconnait son bienfaiteur. La beauté du sourire de Chaplin, déguenillé mais heureux.
Maintenant tu la tiens ta scène finale, ta postérité.
-IgoR-
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur.

il y a 8 ans

68 j'aime

13 commentaires

Les Lumières de la ville
-IgoR-
10

Big City Lights

Il est facile de réduire ce City Lights à sa bouleversante scène finale. Elle le vaut bien cependant tant elle se fait la synthèse de ce que le cinéma muet a de meilleur. L’absence de parole est...

Lire la critique

il y a 8 ans

68 j'aime

13

Les Lumières de la ville
Miss_Moustache
10

Il y a un avant et un après City Lights…

Dire « ce film a changé ma vie », ça peut sembler banal, un brin exagéré…Mais dans mon cas, le premier visionnage de City Lights fut la cause première d’une véritable révolution. Celle-ci eu lieu il...

Lire la critique

il y a 7 ans

36 j'aime

10

Les Lumières de la ville
Docteur_Jivago
9

L'amour rend aveugle

534 jours de tournage avec un record de 342 prises pour la scène où l'aveugle prend Charlot pour un homme riche, voilà ce que représente d'abord Les Lumières de la Ville, ce fut un très lourd...

Lire la critique

il y a 8 ans

23 j'aime

3

Les Lumières de la ville
-IgoR-
10

Big City Lights

Il est facile de réduire ce City Lights à sa bouleversante scène finale. Elle le vaut bien cependant tant elle se fait la synthèse de ce que le cinéma muet a de meilleur. L’absence de parole est...

Lire la critique

il y a 8 ans

68 j'aime

13

The Big Lebowski
-IgoR-
9

De temps en temps y a un homme...

Avec ce film, j'ai découvert l’œuvre des frères Coen. Il reste à ce jour l'un de mes favoris. Jeffrey Lebowski (Jeff Bridges), qui se fait humblement appeler "Le Duc", est un fainéant de première...

Lire la critique

il y a 8 ans

57 j'aime

13

Les Premiers, les Derniers
-IgoR-
8

Feu ! Chatterton

Un ciel sombre, chargé. Au travers filtre un mince rayon de soleil. Bouli Lanners pose l’esthétique qui habillera son film d’un bout à l’autre. Un poing sur la table. Puis il pose ses personnages. Un...

Lire la critique

il y a 6 ans

56 j'aime

25