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Les Maîtres de l'Univers par 0eil

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Critique publiée par le (modifiée le )

Je pense que je pourrais me contenter d'écrire "lol". Juste ça. Normalement, cela recouvrerait à peu près l'ensemble de mes réactions, de la consternation à l'amusement, tout ce spectre émotionnel très pointu et très étendu qui m'a traversé durant le visionnage de ce film qui traînait depuis un moment dans les parages et attendait d'être vu. Mais il me faut quand même entrer dans le détail et vous faire la démonstration que je n'ai pas gagné mon badge de critiques de plus de 2000 caractères pour rien ! DONC. Musclor est un grand gars qui prend très à coeur la cause féministe, preuve en est : il porte une armure que d'ordinaire l'héroic-fantasy décerne aux femmes afin de montrer l'idiotie de ce genre de démarche. Au-delà de ça, il doit sauver la Sorcière Blanche, capturée par Skeletor. Ce dernier, voulant devenir le Maître de l'Univers grâce aux pouvoirs de crâne gris, doit attendre le clair de lune, dans 12 zorglubs (unité temporelle officielle d'Eterna, qui a le bon goût d'être assez fluctuante et de se diviser en sous-unité tout aussi imprécise), car à ce moment, il pourra finir de siphonner les pouvoirs de la gente dame. Pendant ce temps, Musclor, lui, doit retrouver la clé cosmique qui lui permettra de... faire des trucs invraisemblables et sauver un peu tout le monde. Le malheur, c'est qu'il est envoyé dans notre monde, le bougre, et tombe sur Courtney Cox à 23 ans, juste chaude comme la braise, qui a décidé de jouer le love interest sans l'être réellement et se plaint que ses parents sont morts (il y a environ deux semaines avant le début de l'histoire). Voilà. Prêt ?

Je ne suis pas du tout coutumier de l'histoire de Musclor. Je sais qu'il porte une coupe de cheveux que le film a jugé bon de dégager, afin que les yeux des spectateurs ne fondent pas dès l'intro. A priori, le matériel d'origine avait quand même pour vocation de vendre des jouets, forcément, ça limite drôlement la portée scénaristique. Ce qui tombe plutôt bien puisque le film a décidé de ne pas faire beaucoup mieux. On en vient même à se dire que ça fleure bon le surf sur le succès du voisin : de la SF de bas étage, avec des hordes de méchants, mais vraiment, des hordes complètes qui tirent comme des fous furieux sur les trois personnages centraux et ne parviennent jamais - mais jamais - à les toucher. Même quand Musclor, soudainement, s'empare de son épée et frappe, aucun des soldats ennemis n'ose même sortir son fusil, de peur sans doute de le rater à si courte distance. Résultat, on peut comprendre que même à 10 contre 1, le méchant soit sceptique sur ses chances de vaincre. Tu m'étonnes.
Outre ces évidentes lacunes en matière de personnel, il faut bien avouer que le développement de l'histoire souffre d'une grande paresse. On peut presque voir à quel moment le film a été tronqué de manière aussi absurde que violente : dans le dernier tiers du métrage, les méchants débarquent en grande pompe dans notre monde, avec barges volantes volées à Jabbah et cohortes de soldats. Et les rues sont étrangement vides. Pas un seul badaud. Pas une personne qui ne soit à sa fenêtre pour trouver quand même étrange qu'une armée squatte inopinément la place. Au point même qu'un flic passe pour fou lorsqu'il entraîne plusieurs collègues dans son sillage à la recherche de deux foutues barges putain de volantes. Mais non, a priori, le péquin moyen se couche avec le soleil. Je vois d'ici l'équipe de production se pencher sur les différents soucis qu'aurait impliqué la présence du passant et finalement, virer l'idée pour ne garder que l'idée de base. Cool. Ca n'a pas l'air bidouiller du tout, en plus !
D'autant que le métrage tient assez lourdement du Star Wars fait à la sauvette : c'est d'ailleurs assez amusant de voir le grand méchant Skeletor marcher au milieu de ses gardes dont le casque rappelle étrangement celui de Dark Vador ! L'univers est assez étrangement posé entre médiéval fantastique et futuriste, ce qui force assez régulièrement Dolph a tiré au pistolet laser tout en tenant son encombrante épée, dont, d'ailleurs, il n'a pas l'air de trop savoir se servir, ce qui donne un côté très mou au combat au corps à corps. Pour autant, on ne peut pas accuser que le manque de moyen (et de vision artistique, les mercenaires aliens font mal aux yeux, surtout celui avec un masque en vomis de rat), il y a aussi le manque de conviction dans l'écriture des dialogues et des personnages. Celui de Courtney Cox est réellement WTF : comme dans tout bon film des années 80, elle a le rôle de LA meuf, celle qui se met en danger, qui hurle et doit être sauvée. Réducteur, mais on commence à avoir l'habitude dans ce genre de film (et pis, comme pour se faire pardonner, le métrage se dote d'un autre personnage féminin qui est clairement l'égal de ses collègues masculins : zéro charisme, zéro punchline décapante, et un grand manque de conviction quand il s'agit de faire semblant de tirer des lasers, bref, tout pareil !). Eh ben le rôle de Courtney, on sait pas. Le script la fait clairement réagir comme le love interest du personnage centra et elle passe bien une demi-heure calée contre le torse viril, plein de fibres musculaires et de sueur, de Dolph (au point que c'en devienne un peu gênant), mais finalement non et rapidement, en fait, son personnage commence à se dissoudre dans l'histoire, n'ayant plus d'autre intérêt pour le plot initial que de minauder. Classe. Pire : le personnage se fait rapidement voler la vedette par son propre petit ami qu'on pensait voir passer à la moulinette pour laisser la place à Musclor. Et non, le mec insipide du début devient le gars qui sauve la situation, étant musicien (ne cherchez pas). Et je voudrais pas vous brusquer en le disant mais c'est même le seul personnage intéressant du métrage (enfin, vue les autres personnages, vous me direz, c'était pas tellement difficile, une bouteille d'Evian avec une cravate y serait tout aussi bien parvenue).

Cela dit, loin de moi l'idée de tout rejeter sur la pauvre actrice (extrêmement séduisante à cette époque, au passage !), aucun des autres personnages n'a de carrure et tous sont plus ou moins écrits de la même manière très WTF (bon Courtney écopant quand même du morcif le plus lourd, désolé pour elle). Avec l'inventeur génial qui est juste l'homme qui sait le moins régler sa propre création, le méchant qui obtient tout pouvoir mais décide assez rapidement de ne pas en faire usage et les soldats ennemis qui manquent clairement d'enthousiasme quand il s'agit de faire des victimes, tout est fait au rabais, torché assez vite pour qu'on puisse passer à autre chose sans même avoir à s'agacer plus longtemps de ce glorieux bordel improvisé à l'écran. J'allais dire qu'on atteint des sommets lors de la première rencontre entre Musclor et Courtney, qui introduit une scène d'action horriblement cheap dans un entrepôt, avec des méchants qui hésitent à frapper avant de mourir et un gentil qui sort les muscles sans réellement faire mal. Mais en fait, non. Le summum, ce qui parle le mieux pour le film, reste l'image finale de ce dernier, ce qui clôt le métrage : Musclor criant "j'ai le pouvoir" sur un effet de clip disco des années 70. Vous voilà prévenus.

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