Les malheurs d'Honoré

Avis sur Les Malheurs de Sophie

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Christophe Honoré adaptant la comtesse de Ségur est une idée qui interpelle. Habitué, depuis des années, à tourner des drames adultes, le réalisateur français se plonge avec ce film dans les affres de l'enfance, au cœur du Second Empire.

Une expérience forcément passionnante pour le spectateur ? Pas vraiment. Car si Les Malheurs de Sophie sont un matériau de choix, Christophe Honoré les transforment en un fastidieux exercice de style.

Le film est loin des couvertures des livres de la Bibliothèque rose, ces images qui sont passées devant des générations d'enfants. Ici, la fausse naïveté de l'œuvre laisse la place à un drame adulte, sombre et trop souvent maniéré.

Christophe Honoré a réuni autour de lui un panel hétéroclite d'actrices expérimentées et d'enfants débutants. Cela aurait pu fonctionner... si les enfants avaient été dirigés. Au lieu de ça, leurs facéties horripilantes tombent à plat, à force de minauderies.

Enfants horripilants

Le réalisateur se demande visiblement pourquoi il s'est lancé dans pareille entreprise, car diriger des enfants est bien un exercice à part. La superbe Golshifteh Farahani semble perdue dans le rôle de la mère dépressive. Anaïs Demoustier porte mieux le jean que le costume et Muriel Robin est peu crédible en affreuse tante.

Christophe Honoré hésite, essaie beaucoup, sans jamais trouver la bonne formule. Il convoque le regard direct à la caméra, des animaux animés ou encore un découpage issu du théâtre. Et chaque tentative est un échec cinglant.

Car la valeur des Malheurs de Sophie, c'est l'impertinence d'une gamine face à une société figée, engoncée dans des codes napoléoniens faits de stuc plutôt que de marbre. Rien de tout cela dans le film, sinon les pitreries d'enfants assez mal filmés, une photographie sombre et boueuse qui ressemble à un aveu d'impuissance, et une histoire trop éclatée pour tenir la distance.

Quand Christophe Honoré essaie de sortir des sentiers qu'il bat et rebat depuis quinze ans, au théâtre comme sur grand écran, il montre les limites de son art : celui de filmer des drames intimes, adultes et violents. Tout le contraire de ces Malheurs de Sophie.

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