Les Mauvaises Herbes, surprenante réussite signée Louis Bélanger

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Jacques Sauvageau (Alexis Martin) est acteur. Un jour, alors qu’il profite de sa pause lors d’un spectacle de théâtre, il se trouve surpris par deux mafieux dans un casino. Le duo mené par Patenaude, le caïd du Montréal, veut récupéré les 15 000 dollars que leur doit Jacques. À cours d’argent et d’arguments, l’acteur s’enfuit et monte dans le premier bus venu. Cette décision paniquée le conduira dans un coin perdu du Québec, où il finira par rencontrer Simon Boulerice, homme solitaire et bougon qui décidera de lui offrir sa protection en échange d’un service bien particulier : l’aider à cultiver des plans de cannabis.

Les Mauvaises herbes commence sur les chapeaux de roues et pose d’emblée un ton humoristique et décalé. Tout comme son héros, le film nous malmène dans ses premières séquences, rendant difficile une immersion immédiate. Ce n’est qu’une fois Jacques installé chez Simon et leur pacte scellé que l’intrigue devient de plus en plus accrocheuse et nous captive. À l’image de la relation complice qui se tisse progressivement entre ces deux protagonistes, l’œuvre s’amadoue elle aussi après un léger temps d’adaptation. D’abord fondé sur un jeu de pouvoirs, le lien entre Jacques et Simon se transforme en une relation de confiance et de confidence, les deux amis partageant un quotidien fait de travail et moments réconfort. Les dialogues entre les deux hommes sont ponctués de piques incisives et pleines d’un humour rentre-dedans aidé par l’irrésistible accent canadien. La progression de leur amitié nous apprend que Simon poursuit un but noble derrière cette activité illégale : offrir un héritage à son fils dont il n’a plus eu de nouvelles depuis dix-huit ans, suite à une violente dispute. Cette révélation confère une sensibilité au personnage, auparavant cachée sous ses airs taciturnes et son humour tranchant. L’interprétation de Gilles Renaud se montre ici irréprochable, lui qui apporte un côté particulièrement attachant au personnage et conquit résolument le cœur du spectateur.

Dernière arrivée dans cette aventure invraisemblable, Francesca apporte avec elle son caractère excessif et sa franchise à toute épreuve. Malgré des débuts difficiles, la jeune femme deviendra rapidement un membre indispensable de cette association et permettra à Simon de goûter une dernière fois aux joies de la paternité. Une relation pleine d’affection se tisse entre le vieil homme et Francesca, jeune femme perdue et instable. Ses insécurités viennent ajouter davantage d’humour au récit ainsi qu’une part importante de sensibilité. Car au-delà de son ton absurde et débonnaire, Les Mauvaises Herbes se révèle étonnamment touchant et se montre très pertinent lorsqu’il s’agit de dépeindre l’attachement liant chacun de ses trois personnages. De plus, la mort est ici abordée tout en douceur, avec beaucoup de justesse et de poésie et permet au réalisateur Louis Bélanger de donner toute leur profondeur à ses héros.

Ce long-métrage se révèle être une très belle surprise et suscite tour à tour rires et larmes incontrôlables. Laissez-vous séduire par cette œuvre toute droit venue du froid québécois et bercée par son accent à couper au couteau, porté par un trio d’acteurs irréprochable. Vous ne serez pas déçus !

Scotchés

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