Un standard du film contemporain français

Avis sur Les Misérables

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Ça faisait longtemps que je n'avais pas regardé un film français aussi standard. C'est plaisant le standard, on y retrouve ses petites habitudes : des dialogues ciselés, de son époque, un bon scénario qui évite les pièges faciles, de l'émotion autant dans la forme que dans le fond, une réalisation aux petits oignons, une photo magnifique (j'insiste les vues drones sont vraiment d'une bauté), les décors ainsi que les costumes restituent parfaitement l'atmosphère qu'inspire l'intégralité de l'oeuvre. Mince, c'est quand même un produit d'exception, et il serait bête de le minorer. C'est vraiment un excellent film.

Cependant, il me manque un petit quelque chose, cet uppercut qu'a pu inspirer La Haine. Tant par sa forme que par son fond, et standard lui aussi auquel il a été comparé. Cependant il n'en n'ai rien. Ce n'est absolument pas selon moi le même registre. Et pourtant il cherche à lui emprunter ou plutôt on cherche à lui donner. Car si par ses petits gimmicks, il peut s'en rapprocher, et malgré sa volonté de narrer une autre histoire, il se déporte totalement du point de vue de 1995. Alors oui j'ai plus eu l'impression de voir Polisse avec moins de commissariat ou n'importe quelle scène de baston dans un immeuble (il n'en manque pas, et ça n'enlève rien à la qualité de cette scène).

Et ce petit quelque chose c'est d'être dans cette espèce de paresse. De montrer une cité quand même assez propre au final, on n'y voit pas grand chose qu'on ne peut voir de ses yeux en plein jour, on n'en montre pas son envers, on le suggère. La police aussi, qu'est ce qu'elle est molle, les personnages sont dans des boites, incapables d'en sortir. On pourrait dire la même chose des gitans, des microbes, des mamans, ils partagent tous le fait d'avoir été écrits d'une manière manichéenne. Et toutes les tensions artificiels qui sont créés, en gros au milieu du film, résulte de ceci dans un étonnant concours de circonstance. Concours de circonstance contraint par une unité de lieu sous exploité si l'on pense encore en terme du mètre étalon La Haine. C'est aussi une bonne transition pour reparler de la fin du film, qui comme tout le reste sent le mou. Pas de parti pris, surtout, ne pas froisser. C'est d'époque.

C'est un standard contemporain : c'est bien mais c'est mou.
J'aurais du mettre 6 mais la photo est tellement superbe sur ce film. Vraiment ça mérite.

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