"Il n y a de la veine que pour les crapules"

Avis sur Les Nerfs à vif

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Un thriller haletant qui dépasse ses promesses. A l'instar de Max, le film avance lentement ses pions, sûr de lui, réflexion sur la justice et les lois des hommes, renversant les principes républicains et institutionnels de l'Amérique des années 60 : la loi protège le mal et force le bien à enfreindre ses principes, l'enjoignant par son impuissance à rejoindre lui-même la criminalité. Et c'est là le point d'orgue du film. L'angoisse qui nous étreint à l'idée de penser à un Etat où la justice est impuissante.
Et c'est exactement cette angoisse qui convainc progressivement Sam, lui avocat respectable, défenseur des lois, à choisir de se faire justice.
Le paradoxe de la justice des hommes. Un Etat de droit qui se veut exemplaire, fondé sur des principes égalitaires et sur la bonté naturel des hommes égaux en droit. Et oui l'exception confirme la règle et nous devons tous faire avec. Et devant un homme tel que Cady, cela fait froid dans le dos. Car la justice et les lois de la nature sont tout autres. Et ce Cady est un animal, tour à tour félin agile, crocodile des marécages, prédateur tranquille qui prend plaisir à jouer avec sa proie jusqu'à l'épuisement nerveux de sa cible.Il frappe, il assomme, il noit, il n'est mu que par un appétit insatiable de vengeance. Pire qu'un animal alors, le mal absolu. Et ses violences physiques ne sont rien à côté de ses sévices psychologiques et nous spectateurs, on en sait quelque chose. La tension, palpable dés les premières minutes monte crescendo d'une manière remarquable. Plutôt beau gosse le Cady et d'ailleurs, plus d'une mouche se prend dans sa toile. Nous mêmes, on se demande quand même si ce parangon de famille bourgeoise idéale n'en fait pas un peu beaucoup tout de même. Et puis l'originalité du film est de mettre progressivement le spectateur dans la confidence, pas d'erreur judiciaire, Cady est véritablement un monstre intelligent et froid.

Thompson reprend les codes d'Hichcock, musique, montée du suspens, plans fixes mais au delà du thriller, ce film est aussi un film noir. Noter que l'on retrouve Telly Savalas, notre Kojak pour notre plus grand plaisir. Mitchum est saisissant dans ce rôle, qui nous rappelle inévitablement la nuit du chasseur. Pour bien dormir ce soir, je vais lire la bio de Robert Mitchum, je suis sûre que c'était un homme adorable dans la vraie vie...enfin j'espère....

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