Les jolies colonies de vacances

Avis sur Les Oubliés

Avatar Alexandre Coudray
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Complètement inattendu dans une actualité cinéma où "Logan" et "T2 Trainspotting" dominent, "Les Oubliés" vient surprendre et émouvoir. Choisi pour représenter le Danemark aux Oscars 2017, le film nous fait découvrir une partie trop méconnue de l'Histoire : ce moment après la guerre où au Danemark, de jeunes soldats allemands sont forcés de déminer les plages du pays sous la supervision des danois. Ces soldats qui ne sont finalement que des gamins ont beau avoir la trouille et crier maman quand une mine leur arrache un bras, ils ne s'acquittent pas moins de leur mission. Le film s'attarde sur un groupe de jeunes sous la supervision d'un sergent autoritaire vouant une haine féroce à l'Allemagne, comme tout le monde après cette guerre. Mais au contact d'une innocence brisée et soumise chaque jour au danger, le sergent s'adoucit quand bien même il sait qu'il doit envoyer ces enfants sur la plage à chaque fois que le soleil se lève et que tous ne survivront pas... Écrit et réalisé avec simplicité, "Les Oubliés" est un film puissant qui dégage une très belle humanité. Plutôt que de vraiment miser sur la tension (finalement, chaque moment où une mine explose n'arrive jamais sans qu'on l'ai vu venir) et sur la cruauté de la situation, le film de Martin Zandvliet mise sur l'humanisme qu'éprouve un sergent fatigué par la guerre face à des enfants qui, finalement, pourraient être les siens.

Pudique face à la violence, subtil dans la façon dont il distille l'émotion, le film est très classique dans le fond et dans la forme mais sait se renouveler dès qu'on sent qu'il risque la répétition. Réalisé avec un sens du cadre certain mettant en avant une plage à la fois lieu de détente et de mort, "Les Oubliés" passionne d'abord par son sujet mais surtout par ses personnages, très bien écrits. On saluera la prestation intense de Roland Moller dans le rôle du sergent dont le regard tendre et faible contredit les paroles dures qu'il prononce aux jeunes membres de son escouade. Personnage rongé par des sentiments complexes, le sergent est clairement le pilier du film, Mollar lui donnant une véritable épaisseur faisant naître l'émotion régulièrement avec de belles nuances. A noter également la jolie partition de Sune Martin, lancinante et berçant le film jusqu'à sa très belle fin.

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