Si ce n'est du vers, c'est de la prose.

Avis sur Les Parapluies de Cherbourg

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Déception je suis...

C'est qu'on m'en avait conté des belles choses sur ce film, sur son caractère de grand classique, sur son ambiance unique et sur le petit gout de bonheur qu'il vous donnait. Je suis généralement client de ce genre de films et le voir tomber à plat comme un soufflet trop cuit qui aurait subit les assauts de décibels de quelque groupe de Grindcore m'a rendu finalement assez peu joyeux. Visiblement je suis passé complètement à coté de l’œuvre et hormis leur coté audacieux, ces parapluies de Cherbourg n'avaient rien pour eux quand on en vient à penser que la meilleure idée du film est également l'un des plus grands crimes à la poésie qui soit, l'exemple même d'une fausse bonne idée :

  • est-ce que tu vas bien ? ♫
  • oh oui je vais bien ♫ je te remercie ♫ qu'est-ce que tu fais ? ♫
  • je change le joint de culasse ♫
  • ah oui ? ♫
  • oui ! ♫
  • passe-moi la clef de 12 ♫
  • tient la voilà ♫
  • merci ! ♫

L'idée de proposer aux acteurs d'improviser de petites phrases musicales même hasardeuses au lieu de l'habituel ton naturel de la voix pour faire ressortir les sentiments du personnage (sentiments que je n'ai absolument pas ressenti d'ailleurs) aurait pu être intéressante si le texte s'y prêtait ou si le chant en lui-même avait un réel intérêt, mais le décalage d'interprétation parfois à la limite de la fausse note fait complètement se décaler les sentiments que l'acteur cherche à faire passer au travers de son personnage pour lui imposer une sorte de jeu qui n'est ni assez puissant pour être théâtral, ni assez raffiné pour donner un semblant de réalisme ou au moins un peu de sensibilité à ces personnages dont on semble avoir confié la réalisation à deux personnes totalement différentes et qui visiblement n'avaient pas eu les mêmes échos quant à la réalisation du film. C'est d'ailleurs assez amusant, passez-vous la même scène en coupant le son, et en coupant l'image, et à certains moments le ressenti est tellement différent que l'écart entre lequel sont joués les paroles et les actes donne l'impression de voir deux films différents.
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Oh, je tiens un pitch là, quelqu'un aurait le numéro de Luc Besson ?

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