J'ai arrêté le sein à 9 mois...

Avis sur Les Poupées russes

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...mais comme je n'ai aucune volonté, j'ai repris à 17...
Cédric Klapisch a pour moi un mérite : il ne me laisse jamais indifférent ! Bien que l'ayant déjà vu par le passé, (le film, pas le réalisateur) il m'a semblé le redécouvrir...: ou alors j'ai des talents divinatoires, allez savoir !
Tout d'abord, j'aime être surpris et ça commence plutôt bien : le générique sort de l'ordinaire et donne un petit air guilleret, novateur à ce qui semble parfois un pensum....
Et après un démarrage un peu lent, on découvre que la vie n'est pas faite d'une longue suite d'amours tranquilles ! Le plus compliqué de l'affaire, c'est qu'il faut être complètement gaga de l'autre, et ce tous les deux en même temps. Ce qui pourrait bien être la fable de ce film, et ce, quel que soit le siècle dans lequel on vit.
Je me suis donc laissé emporter par cette histoire du jeu de l'amour et du hasard, réécrite superbement à l'encre Klapisch sans m'ennuyer une seconde, durant cette saga de Xavier Rousseau qui dure quand même plus de deux heures.
Xavier, éternellement à la recherche de l'âme-soeur, est ici magistralement joué par Romain Duris dont je ne passe pourtant pas mon temps à ne dire que du bien. Il ne joue pas Xavier : il arrive à nous faire croire qu'il l'est. Et il est compte pour beaucoup dans le succès de ces poupées dont il faut bien reconnaître qu'elles sont magnifiques...
D'ailleurs, le générique est une pure merveille de choix judicieux, et aucun des acteurs ne démérite dans cette distribution prodigieuse... Je devrais faire une sélection parmi toutes ces poupées que je n'y arriverais pas.
D'autres si, puisqu'un César est venu récompenser en 2006 la jolie Cécile de France, aussi naturelle et à l'aise derrière une caméra qu'un comptable devant sa calculette... Ah son décolleté de veste d'homme sexy laissant entrevoir ce que j'ai arrêté à 9 mois... Mais pourtant, la meilleure prestation est assurée selon moi par Wendy, en l'occurrence Kelly Reilly que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam... Tellement naturelle, si réellement féminine et versatile à souhaits... Et puis il y a des surprises comme Bernard Haller qu'on n'attendait pas là mais qui ne dépare nullement !
Mais là n'est pas le seul attrait de ce film. Les images, le montage, le rythme et la qualité de la photographie sont d'une rare perfection. Je serais curieux de savoir le temps que ce travail a duré avant, pendant et après cette construction picturale car on tient là un bijou... Teinté d'une touche d'érotisme aussi subtil que bienvenu. Ah ce long plan où une jolie jeune femme marche le long d'une rue de Saint-Pétersbourg avec une micro-jupe plissée, dont le déhanchement procure des vagues laissant voir de longues et fines jambes prometteuses...
Et puis un réalisateur qui aime à ce point le train, et qui est fasciné par un Eurostar s'engouffrant à vive allure dans le tunnel sous la Manche, ne peut qu'être un homme bien, sensuel, et aimant la découverte. Faut-il voir dans cette séquence le symbole d'une pénétration masculine à moins que je n'affabule sur le hasard des prises de vues ?
Heureux qui, comme Klapisch a fait un beau voyage.
Mais pour couronner le tout, le choix musical qui enrobe toutes ces images les magnifie... sans vous asséner de l'opéra à gogo comme ceux qui se croient intello. A contrario,ici on déguste un panel de musique classique, comme le "lac des cygnes" ou plus tendance sans sombrer dans le rap...La bande originale du film regardée sur petit écran sera sublimée en l'écoutant assistée d'une plateforme additive Bose, venant au secours des haut-parleurs étriqués intégrés à votre télé. Moins encombrante qu'un home-cinéma, et moins tam-tam.
Cette BO est disponible chez UP Music (Warner Music France) Tout ceci n'étant bien sûr pas de la pub mais de l'info...
Ce film est une réussite et me laisse interrogatif : Klapisch a-t-il tout inventé ou y a-t-il une part d'autobiographie ?

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