Forever Young

Avis sur Les Prédateurs

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Intéressant ce film. Je n'en savais pas grand chose : David Bowie, Catherine Deneuve et des vampires. J'avais aussi entendu dire que c'était joli. Et puis je savais que c'était de Tony Scott, mais je ne m'attendais pas à un tel montage, pas si tôt dans sa carrière.

La mise en scène est vraiment ce que l'on retiendra le plus. Le réalisateur parvient à sublimer son récit. Un montage aussi audacieux qu'ingénieux, qui rappelle ses folles expérimentations post 2000, avec un rythme parfois très soutenu dans l'enchaînement des plans. À se demander comment il a pu poursuivre sa carrière dans un registre aussi différent. Quoique. Je trouve que ce film répond très bien à "Domino" qui parle également de l'image de soi. La différence, c'est qu'il cache "Domino" sous l'artifice du spectaculaire alors qu'avec "The hunger", il assume totalement le côté artie de sa vision (ne fut-ce qu'en castant Deneuve et Bowie). Le montage est efficace, je l'ai déjà dit. Les images sont sublimes. Le réalisateur compose des cadres avec inventivité, n'hésitant pas à user de divers objets afin d'enrichir l'image (le jeu de voile est tellement impressionnant que j'ai envie de le lier au livre "Nudité" de Agamben. Enfin, la musique fonctionne assez bien, que ce soit classique ou rock.

Le scénario est certainement plus faible, reposant essentiellement sur de la contemplation, de la non action. Car il ne se passe pas grand chose. Et en plus la structure est assez particulière puisque le film semble scindé en deux parties distinctes. Il reste tout de même des choses très intéressantes, notamment dans le traitement des thèmes. L'auteur se réapproprie le mythe du Vampire mais y laisse des ponts avec l'image traditionnelle. Il reste beaucoup de choses inexpliquées aussi ; d'autres qui sont expliquées en fin de course et qu'il aurait peut-être mieux valu ne pas expliquer. IL manque un objectif principal occupant les deux parties, et il aurait pu y avoir plus de conflits. La fin, bien qu'elle présente des images très intéressantes, se révèle assez facile malheureusement, comme si l'auteur n'avait pas vraiment su comment boucler son récit (le conséquence d'un manque d'objectif principal). Les personnages sauvent un peu la mise, notamment au travers de leurs relations si particulières.

Je regrette un peu les titres français et anglais qui mettent sur la mauvaise voie ; les deux annoncent quelque chose de différent. "Les prédateurs" laissent supposer un jeu de chasse ; "The hunger" fait plutôt croire au traitement de l'addiction. Le titre anglais est sans doute un peu plus juste, mais je trouve que les thèmes principaux du film touchent plus à l'image, la domination, la dépendance et l'amour.

Notons aussi que le film est surtout l'occasion de voir quelques nichons de stars, comme Susan Sarandon mais aussi Catherine Deneuve. De plus, tout le monde joue assez bien, y compris Bowie que je n'aurais pas imaginé aussi convaincant dans ce rôle difficile.

Bref, voilà un film assez impressionnant, qui vaut surtout pour son aspect formel mais qui comporte tout de même des situations dramaturgiques très fortes.

Bonus : http://image.noelshack.com/fichiers/2016/32/1470767757-the-hunger.jpg

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