Le peplum de la mer salée

Avis sur Les Révoltés du Bounty

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Les révoltés du Bounty est un film long (2 dvd) avec une ouverture très ample et grandiloquente (musique à la Ben Hur). Certaines scènes sont étirées comme des scènes de peplum (l'arrivée à Tahiti, la pêche). Les incrustations ont un peu vieilli, sans surprise.

Film politique ? Pas tant que ça. Les deux tiers du film décrivent les péripéties qui poussent l'équipage à la rébellion, à savoir une série de décisions injustes et cruelles de son capitaine, face au second Fletcher, joué par Marlon Brando.

Pour autant, l'aspect de dilemme moral qui pousse un officier à se rebeller face à son supérieur reste quelque peu au second plan face à l'environnement choisi : celui de la marine à voiles du XVIIIe siècle (l'histoire se passe dix ans après le voyage de Cook), et celui de la polynésie.

Et au fonds, c'est davantage l'hypocrisie morale de l'Angleterre puritaine et les tabous sexuels qui sont fustigés ici, au prix d'une représentation un peu "bons sauvages" des Tahitiens. La représentation de leur vie semble assez stéréotypée, notamment l'usage de la barque de cérémonie, assez kitsch.

On est encore dans cet âge où, pour concurrencer la télévision, le cinéma n'avait d'autre choix que de se lancer dans des productions pharaoniques. Et en termes de production, le film montre plusieurs fois ses muscles : la scène d'ouverture, au port de Portsmouth, est fort réussie. La scène de la pêche par les Tahitiens a nécessité des centaines de figurants.

Si la plupart des rôles sont un peu stéréotypés, on est déjà dans le mythe Brando, avec sa fameuse voix juvénile zézayante. Massif et torturé, il sait aussi être parfait d'insolence rentrée. Son personnage devait être détesté de bien des pères de famille des Trente glorieuses.

Les révoltés de la Bounty est un beau film de marine, qui, comme beaucoup de grandes fresques, se disperse un peu, ce qui nuit à son propos (l'épilogue, de ce point de vue, est vraiment expédié). Ce qu'il reste, c'est la bouffée d'air marin que constitue le film, ainsi que ses paysages à se damner, bien entendu (la végétation luxuriante, les beaux couchers de soleil...)

Synopsis : Fletcher Christian, jeune dandy de la haute qui se lance comme officier de marine, fait très mauvaise impression au capitaine William Bligh, qui doit aller chercher à Tahiti des arbres à pain pour les livrer à la Jamaïque.

Accusé d'un vol de fromage, un matelot accuse le capitaine de s'être servi. Bligh le punit de 20 coups de fouet. Il explique à son mess qu'il croit qu'on tient un équipage par la peur. Il annonce vouloir passer par le Cap Horn en plein hiver pour gagner du temps. Pendant la traversée, un contrordre de Bligh à une décision prudent de Fletscher cause la mort d'un homme.

Face au temps, Bligh se rend compte que son projet est irréalisable et passe par le Cap de Bon espérance. Dépité, il se venge sur l'équipage en diminuant de moitié les rations et en fouettant les impertinents qui lui rappellent que c'est contre le réglement.

Arrivé à Tahiti, après la peur que suscite toute la flotille de pirogues qui entourent le navire, l'entrevue avec le roi Hitihiti se passe bien. Il accepte la verroterie et permet de prendre de l'arbre à pain. Les marins sont subjugués par les belles Tahitiennes qui forment une chaîne pour piéger le poisson, et Fletcher leur permet de batifoler. L'équipage est bloqué par la période de dormance de l'arbre à pain, qui empêche toute transplantation. Une période de bon temps s'ouvre pour l'équipage, Fletcher parvenant même à nouer une idylle avec la fille du roi, Mahahiti.

Le jour du départ arrive. Des membres d'équipage tentent de se faire la belle, pour rester sur place. Ils sont rattrapés, en fort mauvais état. Bligh veut les mettre au fer pour toute la traversée de retour, c'est quasiment les condamner à mort. De plus, à l'intérieur du bateau, les arbres à pain, dont Bligh a doublé la quantité, ont besoin de double ration d'eau. Il rationne donc l'eau de l'équipage. Cela crée un drame, un homme touché par la fièvre meurt. Un marin s'en prend à Bligh, qui veut le faire attacher à la quille. L'homme se fait dévorer par les requins. Un nouvel homme se met à délirer, par manque d'eau. Fletcher lui apporte une louche d'eau. Bligh le lui interdit. La mutinerie éclate.

Bligh et ceux qui refusent de devenir mutins sont mis sur une chaloupe. Les arbres à pain sont allègrement jetés par-dessus bord. Le Bounty revient à Tahiti remplir ses cales, en attendant de prendre une décision pour la suite. Fletcher, qui a sacrifié sa carrière, a un coup de mou.

Ils repartent, à la recherche d'une cachette, mais croise des navires militaires anglais. Ils leur échappent et tombent accidentellement sur Pitcairn. Ils trouvent une île déserte où ils recréent une société avec les tahitiennes qui les ont suivies. Mais Fletcher voudrait retourner au Royaume-Uni pour défendre sa réputation. Certains marins préfèrent incendier le navire pour empêcher un nouveau départ. Fletcher est blessé en tentant de sauver le navire de l'incendie.

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