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Les Salauds par Moltès

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Assez perplexe quant à mon ressenti envers ce film, qui est en tout cas très loin d’être une partie de plaisir… Au tout début on se croirait dans un film d’étudiants bobos péteux à mèches rebelles. Arrivé quelques minutes après le début du film j’ai d’ailleurs cru assister au court-métrage d’avant-film comme cela se fait parfois. Jusqu’à l’entrée en scène de Vincent Lindon, qui malgré sa tête de teckel à la truffe malade, impose une présence remarquable et porte le film tout du long. Il joue un commandant de bord de la marine qui doit retourner d’urgence à Paris pour venir en aide à sa sœur dont le mari s’est suicidé et dont la fille est à la dérive. Le coupable est désigné par la sœur comme étant l’homme d’affaire Edouard Laporte (Michel Subor, l’autre acteur excellent du film qui joue à merveille le bourgeois puant). Lindon va donc louer un grand appartement vide au-dessus de celui du fautif, en attendant patiemment son heure pour venger sa famille.

L’autre histoire de ce film au scénario très tortueux et tortureux, c’est celle, de sexe plus que d’amour, entre la maîtresse de l’homme d’affaire (Chiara Mastroianni) et Vincent Lindon. Les deux se tournent autour un moment avant de se jeter comme des bêtes l’un sur l’autre pour une partie de jambes en l’air brutale filmée très crument par Claire Denis. Le couple Mastroianni-Lindon fonctionne plutôt bien même si le dénouement tragique de cette relation n’aura pour effet qu’un bâillement convenu du spectateur, problème récurrent du film dans sa globalité.

Les Salauds est une oeuvre qu’on pourrait aisément ajouter à la liste du dossier sur le cinéma dépressif contemporain présente sur ce même blog (ici). Il n’y a de place que pour la haine, la violence, les instincts animaux et la mort. La dépression est partout. Toutefois, à certains moment on peut aimer à se laisser entrainer dans cette ambiance sordide et la beauté de la photographie des images de nuit est tout de même assez admirable. Qu’on aime ou pas, l’ambiance particulière et le montage très découpé peuvent séduire.

La mise en scène est très maitrisée, peut-être même un peu trop et elle en devient à certains moment assez grossière, tandis que le scénario reste finalement très peu abouti et hésitant comme si la réalisatrice ne savait pas elle-même quel chemin prendre ni quel était le but de son propos. On ne comprend pas très bien l’histoire et on se lasse d’elle assez vite. Le problème c’est que très peu de choses rattrapent ce manque et seul certaines bribes et la présence de Lindon et Subor sauvent le film du vide total ainsi que d’une caricature de drame français esthétisant, qui ne raconte rien, tout en ne s’intéressant qu’à lui-même.

Un film gris mais pas complètement inintéressant, qui reste néanmoins très mineur dans la filmographie de sa réalisatrice dont les films Nénette et Boni (1997) ou S’en fout la mort (1990) auront été pour moi beaucoup plus marquant et surtout bien plus réjouissants.

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