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Les Tuche 2 : Le Rêve américain par FuckCinephiles

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De manière assez étonnante et à la bonne surprise de tous, les deux dernières cuvées (2014 et 2015) de la comédie made in France fut deux des plus jouissives et qualitatives que l'on a pu admirer en salles depuis bien longtemps.
Un éclectisme remarquable qui a permit de sacrément relancer la distribution francophone face à l'écrasante suprématie ricaine dans le genre.

Du coup, nous étions sérieusement en droit à nous attendre, en bons cinéphiles exigeant que nous sommes, que 2016 se déroule sous les mêmes auspices.
Et inutile de dire que l'année commence sur les chapeaux de roues (on oublie volontairement le tout récent Tout Schuss avec José Garcia) avec les prometteurs Pattaya de Franck Gastambide, Five d'Igor Gotesman mais également Les Tuche 2 donc, suite un brin improbable des Tuche premier du nom, qui avait rencontré un succès au moment de sa sortie en salles durant l'été 2011.

On y suivait l'histoire de la famille Tuche, des beaufs façon Bidochons du pauvre ayant eu la chance de gagner cent millions d'euros à l'Euro Loterie, et qui quittent Bouzolles pour Monaco, ville ou ils auront beaucoup de mal à s'intégrer au milieu des autres riches familles.
De la bonne comédie franchouillarde, bourrée jusqu'à la gueule de clichés et de stéréotypes, à la morale convenue (l'argent ne fait pas le bonheur, la famille si, tout ça, tout ça) mais porté par une telle jovialité et une telle bonne humeur que la magie opérait et en faisait, presque, une comédie populaire référence.

Plus de quatre ans plus tard et toujours avec l'excellent Olivier Baroux derrière la caméra et le même casting vedette (les précieux Jean-Paul Rouve et Isabelle Nanty en tête), Les Tuche 2 - Le Rêve Américain s'attache de nouveau aux péripéties de la famille la plus délurée du rocher, qui décide de rendre visite pour son anniversaire, au fiston surdoué, " coin-coin ", expatrié pour quelques mois en Californie.
Le hic, c'est que le rejeton s'est entiché d'une jeunette locale, et qu'il a eu vite fait d'enjoliver le statut familial histoire de ne pas passer pour un bouseux devant sa potentielle future belle-famille...

Recyclant le thème majeur du premier film (l'intégration de la famille dans un cadre fantasmée qu'elle ne connait ni d'Adam ni d'Eve), avec le même lot de clichés et de facilités, Les Tuche 2 arrive cependant à bien plus convaincre son auditoire que son ainé en jouant habilement sur le plaisir de retrouver cette famille aussi déjantée qu'elle est attachante.
Dite famille qui n'a décemment rien perdu de sa superbe, Baroux s'échinant même à respecter au pied de la lettre les canons de toute suite à succès : les gags sont plus nombreux, les dialogues plus percutants (les potentielles répliques cultes sont légion) et le rythme encore plus soutenu.

Ça ne vole certes jamais très haut mais on se bidonne franchement, l’abatage délirant des comédiens (Rouve en tête) sert de service après-vente implacable à une péloche bien plus finaude qu'elle en a l'air sous ses atours de comédie populaire limitée.

Pas la comédie de l'année dans l'hexagone (loin de là), mais un petit moment de détente décomplexé et assumé, bien plus défendable que les " Adamserie " qui ont squattés le haut du box-office français l'an dernier...

Jonathan Chevrier

http://fuckingcinephiles.blogspot.com/2016/02/critique-les-tuche-2-le-reve-americain.html

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