Outrage, ô desespoir !

Avis sur Les Vacances de Ducobu

Avatar Romain Massa
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Ducobu était sans doute ma bande dessinée préférée. L'adaptation en film d'un ouvrage si populaire est un exercice périlleux qui peut vite devenir un fiasco. C'est le cas ici. Le premier volet de "Ducobu" au cinéma m'avait laissé perplexe, il n'était pas bon mais permettait de trouver ça et là quelques éléments de la BD. Ici, le réalisateur a choisi de se détacher complètement de l'ouvrage et de créer son histoire à lui, ça ne pose pas de problèmes -même si je suis un brin conservateur-, mais cette exercice demande du talent. On peut citer, par exemple, "Astérix et Obélix : mission Cléopatre", qui apporte une relief terrible à la BD en ayant pourtant très peu de lien avec elle. Dans "Les vacances du Ducobu", le réalisateur exclut directement le thème principal de la BD, c'est à dire l'école et emmène les personnages principaux en vacances d'été.

Premier problème : Je n'arrive pas à savoir où se situe le lieu de l'action. C'est peut-être anecdotique pour certains mais je trouve ça important. Certes dans la BD, on ne sait pas où se situe l'école Saint-Potache mais on s'en fout. Ici, je m'en foutrais aussi de savoir où ils partent en vacances si certains personnages de l'histoire n'avait pas un accent insupportable. Alors où pourrait se situer l'action ? Près de la mer donc on va dire : le Nord, la Bretagne, La Cote Basque, Le sud Ouest, Marseille ou Nice... Il fait beau dans le film donc on peut enlever le Nord et la Bretagne, d'autant que là-bas les gens n'ont pas un accent pareil. La Cote Basque on oublie aussi, la grande bleue est trop peu agitée pour être l'Océan. Le Sud Ouest... mouais, mais il me semble que l'anchoiade ne soit pas une spécialité locale. Nice alors ? Non, les gens n'ont pas non plus un accent si prononcé. Alors on va partir sur un lieu qui se situerait entre Toulon et Sète... Ce qui expliquerait la récurrence du patron du camping à proposer des concours de boules, de l’aïoli et autres gaspacho à ses hôtes. Tout ceci, évidemment, dans un soucis de casser les caricatures. Notons que si l'action se situe dans la zone suscitée, il est étonnant de voir que le pêcheur et certains commerçants n'ont pas d'accent, quand le guide du musée s'exprime comme un poivrot qui serait au rade d'un troquet marseillais après une défaite de l'OM. Notons aussi que l'un des pêcheurs sur chalutier à un accent parisien des années 30 (Maurice Chevalier, si tu m'entends...). Toujours est-il que nos héros semblent habiter au regard de la plaque d'immatriculation dans le 62 et là me vient une question : comment un prospectus faisant la promotion d'un club vacances situé dans le Sud a pu se retrouver dans des boites au Nord de la France. Une question qui restera malheureusement sans réponse.

Ces questions géographiques abordées, concentrons nous sur ce que certains zozos appelleraient un "film". Semoun est insupportable, je l'aimais bien ce garçon, mais il s'est enfermé dans un personnage navrant et particulièrement crispant. Héléna Nogueira est jolie mais fade. Le gosse qui joue Ducobu n'est vraiment pas bon (je préférais largement celui du premier film) par contre je trouve la petite qui joue Léonie assez proche de ce que l'on peut imaginer dans la BD. Quant à Mlle Rateau, elle est étouffée par le jeu de Semoun et ne sert quasiment à rien à part à alimenter une brève Love story dont tout le monde se fout avec le pitoyable Bruno Salomone.

En somme très peu de rires avec un scénario cousu de fil blanc, un surjeu grossier des personnages secondaires ("Ma foi", "fada, "peuchère", "club Mickééééy" etc...). Latouche en animateur c'est vite naze et la chasse au trésor + l'intrigue du Pourse n'amuseraient même pas un enfant de 7 ans. Ce film enlève toute l'âme de la BD avec la volonté d'ériger Ducobu en type brillant. Un gros raté qui fait partie de la longue liste des suites entièrement loupées si chères pourtant à notre cinéma français. Et puis qu'on aille pas me dire que je suis trop sévère parce que ce film est avant tout fait pour les enfants, j'ai mille titres en tête d’œuvres destinées aux enfants qui peuvent très bien être appréciées par les adultes. Dernier en date : vice-versa. "Les vacances de Ducobu" c'est mal filmé, avec des dialogues absurdes sans finesse et un jeu d'acteur navrant.. J'ai oublié d'ailleurs de signaler la performance de PEF, plutôt catastrophique. Sans parler de la BO... Un bon film même fait pour les enfants se doit absolument d'être qualitatif dans les domaines suscités qui sont inhérents au cinéma... Enfin quand on voit "Les vacances du Ducobu", on se dit que le cinéma est avant tout une idée lointaine. Un peu comme le SCB et le football, Christophe Galtier et le métier d'entraineur...

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