Un grand film malade

Avis sur Les Voitures qui ont mangé Paris

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Première incursion de Peter Weir dans le domaine du long métrage, réalisateur du bien connu Le cercle des poètes disparus, cette œuvre de 1974 a sur le papier tout pour plaire à l'amateur de cinéma un brin déviant : un titre racoleur, des affiches exposant des bolides à l'aspect dérangeant, un semblant de folie contaminant la bande annonce... Présentée comme telle, on pourrait la rapprocher de la production Roger Corman connue sous le nom La course à la mort de l'an 2000 datant de 1975. Sauf que sous ses oripeaux de film d'exploitation, Les voitures qui ont mangé Paris cache une toute autre ambition.

Somptueux mélange de comédie satirique où l'humour noir est affiché comme ligne de conduite tout le long du métrage, et de récit dramatique teinté d'action et d'horreur, Peter Weir délivre un objet filmique qui envoûte le spectateur, l'emprisonne dans une société où le culte de l'automobile règne et dévore littéralement ses habitants. La proposition est déstabilisante, on est partagé entre le rire et l'effroi. Véritable film d'atmosphère, on lui excusera son rythme parfois mal maîtrisé ainsi que l'interprétation laborieuse d'une partie de la distribution.

Sur le plan technique, budget oblige, Les voitures qui ont mangé Paris n'atteint certes pas l'excellence des futures réalisation du cinéaste australien mais le rendu final propose tout de même des fulgurances qui confirment déjà son talent de faiseur d'images, un an avant la sortie de Pique-nique à Hanging Rock.

Vous l'aurez compris, Les voitures qui ont mangé Paris est une expérience atypique, certes clivante mais néanmoins indispensable pour tout adepte de bizarreries cinématographiques digne de ce nom.

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