Polar de rire.

Avis sur Les cadavres ne portent pas de costard

Avatar Boubakar
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Un film inspirant aussi ouvertement que Le grand détournement ne pouvait qu'attirer mon attention, et c'est le cas. Les films qui détournent leurs modèles originaux sont très rares : on a déjà eu Woody Allen par deux fois (Lily la tigresse et Zelig), et bien entendu le film de Michel Hazanavicius & Dominique Mézerette. Mais celui-ci, réalisé par Carl Reiner, détourne habilement les polars des années 1940 et 1950, pour une histoire qui est elle-même tirée d'un polar.

Steve Martin incarne un détective privé à la Philip Marlowe, qui doit retrouver le père d'une de ses clientes, une superbe jeune femme dont la manie est que ses seins tombent. Ça n'est pas pas la seule bêtise de ce film qui en contient des tas, car les codes inhérents au genre sont bien là, dont le noir et blanc charbonneux, le générique, lle héros qui parle constamment en voix off, mais la grande particularité est l'inclusion de tas d'acteurs de l'époque pour faire avancer l'intrigue, parfois le temps de quelques secondes ; Humphrey Bogart, Veronika Lake, Barbara Stanwyck, Kirk Douglas, Burt Lancaster, Cary Grant, Charles Laughton.... et Carl Reiner soi-même qui incarne le méchant, clairement inspiré d'Eric Von Stroheim. Le désir de fidélité du réalisateur est tel qu'il fera appel à la fameuse costumière de cette époque, Edith Head, pour donner aux acteurs ce look 50'. Ce sera d'ailleurs son dernier film.

Quant à Steve Martin, aux cheveux teints en noir, il est vraiment drôle, car il semble prendre un grand plaisir à parodier ce genre, et dont il s’accommode très bien de se confronter à ses illustres pairs le temps d'un champ-contrechamp : l'intégration est souvent réussie, ne serait-ce que pour copier le plan du film en question. Il y a un gag qui me faisait beaucoup rire ; il prend fréquemment une balle dans le bras à la suite de confrontations avec des gangsters. Alors, il va chez une femme qui peut lui retirer... en l'aspirant comme un venin !

J'avoue avoir pris un grand plaisir à voir ce détournement d'un genre que j'adore, et de revoir l'espace de quelques plans des chefs d’œuvres comme Assurance sur la mort (peut-être le plus grand), Le violent, Le poison, ou encore Les tueurs, pour ceux que j'ai reconnus. Il y a peut-être la légère différence d'image quand on passe d'un film d'époque à celui-ci qui fait que la supercherie se voit, mais c'est une parodie vraiment réussie. Peut-être embrumée parfois à la manière du Grand sommeil, mais loin de s'en moquer, Carl Reiner y montrer un réel amour du genre.

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