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Les cadavres ne portent pas de costard par Voracinéphile

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Véritable merveille tombée du ciel que ce film, qui en plus de donner dans le noir et blanc haut de gamme (la photographie est magnifique, même si le grain d’image permet souvent de noter la présence d’extraits d’autres films), se donne un humour irrésistible. C’est bien simple, le soin apporté aux dialogues est tel qu’on aimerait avoir assez de mémoire pour les retenir, tant l’humour qu’ils utilisent se révèle payant. Indiscutablement, les dialogues font passer le film au stade de l’objet culte, aussi maîtrisé que n’importe quel volet des OSS 117 d’Hazanavicius, sans toutefois donner dans le mauvais goût politique (les quelques pics envoyés à la 5ème république…). Mais le film se lance régulièrement dans des dialogues de fous, comme en témoigne le monologue ci-dessous : « Une demie bouteille de bourbon plus tard, je n’y étais toujours pas. Est-ce que Juliette était devenue folle comme sa sœur ? Etait-elle tombée amoureuse du chauffeur de taxi sur la route de la pharmacie ? Ou était-elle un membre du complot Carlotta qui m’avait tendu un piège ? Finalement, j’arrivais à une conclusion de la plus haute importance : elle me fait chier ! ». Une VF aussi survoltée, c’est suffisamment rare pour être noté. Le film se laisse parfois aller à un humour grivois vraiment sympathique, s’autorisant quelques running gags qui fonctionnent toujours (la fascination de notre personnage principal pour la poitrine de sa cliente, l'extraction de balles...). Aussi inventif que classe dans sa direction artistique, les passages utilisant des extraits de films témoignent d’un réel souci du détail, les décors des extraits étant reproduits à l’identique pour l’évolution du détective. Steve Martin, pour le coup en forme (il était irrésistible dans L’homme aux deux cerveaux), donne ainsi la réplique à Marilyn Monroe, à Kirk Douglas, à Vincent Price, et la plupart du temps pour dire des imbécilités qui arrachent un éclat de rire tant le discours de ces grands acteurs est dévié par cette comédie. On finit avec la découverte du complot nanar avec les nazis qu’on attendait (un film culte sans nazi… impensable !), et l’humour ne nous quittant pas jusqu’à la dernière minute, on peut affirmer sans l’ombre d’un doute que Les cadavres ne portent pas de costards est un véritable don du ciel. Quant à l’explication du titre, faite attention, son explication en milieu de film ira très vite.

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