Toujours en déséquilibre

Avis sur Liz et l'Oiseau bleu

Avatar Marouane1804
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Connu pour s'être occupé de la série K-ON! ou du film A Silent Voice,Naoko Namada s'y connait en sentiment, mais surtout en matière de montrer ces sentiments; entre le mignon un peu niais de K-ON! et le côté plus touchant de A Silent Voice, Liz et L'Oiseau bleu promettait quelque chose dans la même veine. Et c'est le cas. Plus ou moins.

Adapté d'un visual novel (que je n'ai pas lu, donc je parlerais strictement du film, qui a probablement dû couper des informations ci et là, en raison de chose que je peux lire qui ne sont pas dans le film.)

Scénario :

Le film raconte l'histoire de Mizore, jeune fille extrêmement timide, en fin de lycée. Jouant dans le club de musique, elle est en adoration face à Nozomi, sa seul véritable ami, qui l'a invité à rejoindre ce club.

Oui mais voilà : c'est la fin du lycée, et chacun devra partir de son côté, ce qui terrifie Mizore, qui ne veut pas s'éloigner de Nozomi. Par la même occasion, le club travail actuellement sur l'adaptation d'un ouvrage : Lis et l'oiseau bleu, où elle trouvera des similarités avec ce qui lui arrive. Mais est-ce dans le bon sens ?

Parlons du fond :

Liz et l'oiseau bleu, de prime abord, parle de chose simple : la fin du lycée, et par extension, la fin des relations que l'on a pu avoir avec des gens avec qui on a grandit, possiblement du début à la fin du lycée.

Mais cette thématique est renforcé, au long du film, par ces questions : comment peut-on laisser quelqu'un que l'on aime partir ? Comment peut-on exprimer son amour(adoration) pour une personne ?

Incluant la question de l'indépendance que l'on a par rapport à quelqu'un, Liz et l'Oiseau bleu traite de cela d'une bonne manière, de manière intéressante. On ne peut enlever au film son fond, pétri de bonne intentions, et d'une certaine vérité. Tout comme la question de la maltraitance, de la dépression, et de le fait de s'en sortir dans A Silent Voice, on a ici des thématiques bien belle, et qui me parle.

Le tout, appuyé par la réalisation et la musique.

Réalisation et animation :

Côté réalisation, il y a une focalisation sur les mouvements, et les yeux : leurs manières de bouger, d'agir, permettent de comprendre ce que ressentent les personnages, comment ils agissent, ou le point de vue adopté. Par exemple, la vision de Mizore.

Côté animation, je parlais des yeux, qui sont justement plutôt jolie. Tout le reste est correct, et on part même sur de l'imaginaire "mignon" quand on part dans le conte de Liz et l'Oiseau bleu.

Je vais en profiter pour parler de la musique : plutôt belle, parfois diégétique, qui accompagne les personnages, et qui explique parfois le sens que cela peut avoir, l'émotion que cela transmet. Ce qui, par extension, colle avec les thématiques du film.

Du bon travail, en somme. Et je suis sûr que j'ai dû rater des symboliques et/ou des éléments dont a parlé la réalisatrice en interview. Encore une fois, le soucis du film n'est pas son fond, présent et intéressant.

Le soucis est ailleurs.

Rythme et doublage :

Car le problème du film, pour moi, provient de deux soucis. Voir 3 (je reviendrais sur ce troisième).

Le premier, c'est la question du rythme. Un film peut être rapide, ou lent. Tant qu'il tient un certains rythme. Cependant, dans le cas de Liz et l'Oiseau bleu, le film est lent. Parfois trop. Si cela va mieux au bout des 15 premières minutes, il reste que je n'ai jamais eu l'impression que le film décollait; la faute à, justement, ce rythme, ou aussi ce qu'il se passait à l'écran, qui me semblait lent.

Le second, c'est possiblement le doublage français. Le doublage a parfois de bonnes interprétation, mais globalement semble tiède, je dirais. J'ai eu l'impression d'un manque d'investissement global, qu'il manquait un "plus", renforçant justement le côté lenteur du rythme. Le doublage ne me paraissait pas naturel, la plupart du temps.

Le troisièmement, c'est un critique qui avait parlé d'un style "épuré". Et je ne sais pas pourquoi ça me reste en tête, mais je sens que ce côté "épuré", me gêne.
Dans les définitions que je trouve, il y a "Se dépouiller".

Je dirais que le film s'est dépouiller de ce qu'il fallait pour que j'arrive à m'immerger dans l'histoire. Je pense que le problème est là : en étant direct (même parfois trop dans les dialogues, alors que le message par les mouvements était assez suffisant), manquant de punch ci et là, et du doublage manquant de conviction, je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Et par extension, n'a pas réussi à être aussi touché par le film.

(Autre soucis, plus bateau, mais l'importance du conte, en tout cas en terme d'animation, que je trouve faible par rapport à sa présence, notamment dans les pubs; remplacé quelque minutes de la vie réel contre celui du conte aurait pu être bienvenu, je pense.)

Conclusion :

Avec un bon fond, de bonne musique et animation, qui accompagne avec elle tout une réalisation sur la gestuelle des personnages, Liz et l'Oiseau bleu pêche par un rythme (trop) lent, un doublage français qui peine à convaincre et à accrocher, et ce petit "plus" qui permettrait sûrement à beaucoup plus de personnes de sentir tout l'amour et la beauté du message de l'oeuvre (que je pense sincèrement).

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