Hurt.

Avis sur Logan

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Les attentes étaient grandes. Non pas que la mienne l'était, pas plus qu'un autre stand alone de SH, mais une attente générale c'était inséminée dans les esprits du publique. Beaucoup plus au final que des films de plus grande ampleur comme X-men Apocalypse. Pourquoi cela ?
Le dernier film de Hugh Jackman dans le rôle qui l'a fait découvrir, un Rated R que l'on attendait depuis longtemps, des promesses et des libertés laissées aux équipes créatives. Soit une conclusion qui se doit d'être digne de ce nom; mémorable. Les attentes ont-elles été comblé ?

James Manglold revient derrière la caméra, après un plutôt mitigé, quoique personnellement beaucoup apprécié, The Wolverine (en fr sous titré "le combat de l'immortel"). Choix plus que judicieux vu l'amour que porte le réalisateur au personnage, ainsi que le style tout à fait approprié du monsieur. Un autre retour aussi, pour notre plus grand plaisir, Patrick Stewart aka le professeur X, plus touchant qu'il ne l'a jamais été dans le rôle. Tout était réunis pour avoir un grand X-men, un grand film de SH, un grand film tout court. Et les retours laissaient envisager cela, alors pourquoi cette note, moi, qui suis le premier fan de film de SH et qui n'hésite pas à mettre des 8; 9 voir exceptionnellement des 10 à des métrages du genre ?

Comme peut le montrer ma note, j'ai apprécié le film, mais au vu des retours et de ces fameuses promesses, je ne peux cacher ma déception. En effet, tout était réunis pour que ce soit grandiose et je ressens un "meh".
Ce film est à mon sens un paradoxe, ayant des confrontations plus ou moins constante entre la forme et le fond. Dans la forme, la rated R est un véritable vent de fraîcheurs. Bien que je n'ai jamais pesté contre les opus précédent, trouvant qu'ils arrivaient parfaitement à retranscrire la rage animal de notre glouton; les membres coupés, les têtes transpercées, le sang giclé rajoute quelque chose qui est assez jouissif à voir. Ce rated R permet aussi d'avoir un récit plus libre, plus violent, se permettant de tuer des personnages attachants, des enfants, ainsi que pouvoir poser son récit, ses personnages, sans se soucier du jeune spectateurs qui trouverait cela trop violent ou ennuyant.

Et là viens le premier paradoxe. Le récit à quasi toute les libertés. Au début il en tire plutôt bien profit, plongeant notre protagoniste dans un futur post-apo, embrassant pleinement la figure anti-héroique du western crépusculaire (le décors poussiéreux et désertique le rappelle bien). Il est dépressif, alcoolique, perdu, s'occupant d'un vieux Charles Xavier, sénile, qu'il doit garder drogué pour éviter les catastrophes que pourrait causer son pouvoir. Le ton est posé, et annonce quelque chose de grand et de neuf.
Puis viens l'élément perturbateur. Une petite X-23, plus déchaîné que jamais, que Logan devra protéger, telle sa fille. Et je n'ai pas choisit le mot ''fille'' au hasard, car la thématique de la famille est clairement au centre du récit, formé magnifiquement par ce trio Logan/Xavier/Laura (qui ne cessera jamais d'impressionner tout le long du film). Et James Mangold sait manié à la perfection les relations entre ces trois personnages, sachant posé son récit au moment opportun pour les développer. Et c'est à ces moments là que le film arrive à être les plus touchant, entre les interactions de ces trois personnages.
En effet, autant le récit arrive à se poser pour développer les relations, mais dès que nous embrassons des moments d'émotions dramatique pure, le film par une sorte de pudeur, ne veut pas s'y attarder, et cela est plus que dommageable.
Lors de la mort du professeur X, je n'ai rien ressenti. Autant au moment venu, où la mise en scène essaie de maladroitement de nous induire en erreur, jusqu'à carrément nous perdre. Car cela vient tellement comme un cheveu sur la soupe que j'ai eu un haussement de sourcil "euh... C'est un rêve, ou une vision non? ça n'a pas de sens ?'' . Et en fait non, le prof X c'était bien fait transpercé par un clone de Logan (j'y reviens), et je n'ai ressenti que de l'incompréhension et de la perplexité au lieu d'un choc et d'une émotion. Mauvais parti pris sur ce coup, de la part du réalisateur.

Même lorque nous comprenons ce qui vient de se passer, l'action s’enchaîne tellement rapidement que l'on a pas le temps de ressentir quoique ce soit. Et ce manque d'émotion, aurait pu être rattrapé au moment de l'enterrement de Charles : Nous avons un Hugh Jackman au bord des larmes, essayant désespérément de justifier l'emplacement de la tombe, avec une Laura qui lui tient la main. Au fur et à mesure du travelling qui s'avance sur lui, on sent l'émotion monté, et nous sommes à deux doigts de versé une larme. Mais le réalisateur choisit soudainement de couper la scène avant que nos glandes lacrymales soit pleinement titillées. Mangold prend pas le temps de laisser les émotions nous submerger, il est trop pudique; frileux.
Et ce sera malheureusement de même pour la fameuse mort (pas vraiment une surprise au final) de Logan. Notre cher mutant griffu, finit empalé sur une souche d'arbre, rend son dernier souffle, malgré que tout le long du film il encaisse beaucoup plus que cela. Alors que nous suivons le personnage depuis 17 ans, cette mort nous paraît complétement anecdotique, voir presque ridicule, le tout pas aidé par un climax beaucoup trop vite expédié, ou encore une fois, l'émotion n'est pas au rendez vous. Ce sera la plus grande erreur du film malheureusement, qui n'offre pas une mort, donc une conclusion, à la hauteur.
Les défauts ne s'arrête malheureusement pas là. Comme je l'ai dit précédemment, James Mangold avait carte blanche, et utilise cela pour nous fournir un scénario, certes prenant, mais assez peu original et marquant. Déjà, en terme de saga, malgré la mort des deux X-mens, l'histoire reste beaucoup trop simpliste à ce qui s'est fait auparavant. Manquant de retournement de situation, les péripéties sont peu inventives, beaucoup trop répétitives, n'étant au final qu'une course poursuite, jouant le schéma de ''je m'échappe, je me pose, et ils me rattrapent, je me ré-échappe etc...'' et cela à trois reprises, sans grand changement.
Là où un ''Mad Max fury road'' arrivait à diversifier son action à travers des décors et des moments assez différents (en pleine nuit, sable mouvant, en pleine tempête etc...), ici les décors sont eux aussi assez répétitif, se contentant d'être tout le temps des environnements poussiéreux de Western, à l'exception de son final en foret.
La répétition n'est pas intrinsèque à l'oeuvre, mais aussi par rapport au film précedent sur notre mutant préféré. En effet, James Mangold qui avait déjà présenté un Logan affaibli, malade, dépressif dans ''le combat de l'immortel'', remet ici le couvert, alors que cet arc semblait plié dans le film précédent. Heureusement que les relations entre le trio de tête viennent offrir quelque chose de neuf.
Et la répétition se retrouve aussi dans la menace. En effet, les ennemis sont une nouvelle fois, une Arme X bis, déjà vu à deux reprises (voir trois en comptant la petite séquence d'Apocalypse) dans les précédents films. Bien que Boyd Holbrook irradie de son charisme, le personnage qu'il interprète est bien plat, tout autant que le énième savant fou Zander Rice (mais où est donc Mister Sinister teasé dans Apocalypse?). Mais la palme d'or revient à X-24, un clone de Logan rajeunis, robotisé (comme l'était Deadpool dans Origins Wolverine) qui fait figure d'ennemis surprise principal. Et là vient un gros conflit entre la forme et le fond.

Dans la forme, le film se veut réaliste, intimiste. Forme qui rentre complétement en conflit avec le fond de ce choix d'ennemis. Cela veut clairement signifié que l'ennemis de Logan, c'est Logan lui même, et Mangold utilise le concept du clone pour l'explicité à l'écran. Pas une mauvaise idée en soit. Sauf que quand on veut rendre son récit réaliste, cela créait un décalage dans le ton du film, tombant dans des concepts, qui sont en soit assez nanardesque. En tant que connaisseur de comics (ce qui n'est au final peut-être pas le cas de James Mangold), le choix du méchant Daken, fils caché de Logan en rage contre son géniteur, aurait été un choix beaucoup plus judicieux, aussi bien en terme de charisme, de psychologie mais aussi de thème, totalement raccord avec la thématique de la famille que se donne le film. Au final cet erastz de Logan est assez décevant, et faible en enjeu.

Maintenant que les points faibles ont été développé, il est certain que Logan est un film avec un charme indéniable, véritable œuvre d'auteur, avec une réalisation nerveuse et énergique, un contexte, un ton, un style neuf, une violence ambitieuse rarement permise, des relations et des thèmes touchants, qui en font un divertissement unique et efficace, mais qui ne semble malheureusement pas complétement répondre aux attentes et aux ambitions qu'il avait promis.

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