Derniers coups de griffes...

Avis sur Logan

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LOGAN (15,4) (James Mangold, USA, 2017, 137min) :

Ce film de super-héros à la sauce western SF renoue avec le personnage de Logan (alias Wolverine) en 2029 à la frontière du Nouveau-Mexique, où épuise il s’occupe dans un lieu secret du Professeur X assez souffrant.

Le réalisateur James Mangold reconnu internationalement avec le thriller crépusculaire Cop Land (1997) puis confirmé avec l’émouvant « Walk the line » (2005) biopic sur le chanteur Johnny Cash (dont les accompagnements musicaux des bandes annonces du film et la chanson du générique de fin ne sont pas anodins) ainsi que l’honnête remake 3 H 10 pour Yuma (2007) revient prendre les rênes de la franchise X-Men et plus particulièrement du personnage de Wolverine. Seconde incursion dans cet univers après avoir pris au vol la direction de l’inégal Wolverine : Le Combat de l’immortel en 2013. Quatre ans après, il s’agit de clôturer la trilogie en beauté et de saluer le départ officiem de Hugh Jackman dans le rôle-titre. Ce troisième volet se doit de signer comme un bel adieu aux lames.

La première image montre le visage de Logan (car le titre l’indique clairement, l’humain sera mis en avant) bien marqué, cheveux gris, rides apparentes à l’arrière d’une voiture comme un vulgaire ex-roi des scélérats. Un personnage tenant de façon bancale à peine debout, diminué et rentrant en conflit avec des voyous prêts à voler les jantes d’une limousine style Uber. L’entame du film offre une première séquence brutale qui donne le ton du film. Radical et sauvage !

Logan devenu conducteur d’Uber solitaire, s’en retourne dans le désert. L’utilisation des décors naturels du Nouveau-Mexique donne l’aspect poussiéreux et sale à ce troisième volet reflétant parfaitement la psychologie et l’état d’esprit du personnage. Un homme devenu accro à la bouteille vivant comme un nomade sans attache veillant sur son professeur sorte de père adoptif en essayant de fuir la griffe du passé.

La mise en scène discrète prend le temps de développer cette évolution jusqu’à l’irruption dans sa vie d’une jeune fille qui se voit pourchassé par une horde d’hommes dangereux en voulant après elle. Pourquoi ? Quel est le secret de Laura ? Que veulent ces individus ? Tout d’abord opposé à prendre cette gamine de dix ans sous sa protection mais influencé par son ami Charles Xavier (alias Professeur X), Logan accepte et décide de prendre la route pour protéger cette fille de la menace.

Commence alors un véritable road-movie ou les cavalcades vont se faire succéder scènes de course poursuite spectaculaires, dont l’influence de Mad Max Fury Road éclabousse l’écran par ses couleurs et sa fureur, des combats charnels souvent corps à corps très intenses avec une sauvagerie étonnante pour un blockbuster de super-héros, ce qui explique mieux la classification américaine Rated R (-17ans doivent être accompagnés d’un adulte) de par sa violence physique et les nombreux « fuck » parsemés dans les dialogues. La radicalité de ton avec le reste de la franchise épate.

Une épate que l’on retrouve dans la mise en scène où chaque séquence trouve le rythme adapté et la bonne distance. Le récit se transforme en véritable thriller d’actions, où les mutants doivent être éradiqués par ceux qui les ont construits (métaphore politique moderne), la caméra nerveuse capte avec efficacité la sauvagerie. Tout au long du long métrage l’ombre du Terminator 2 (1991) de James Cameron colle à l’intrigue, comme le célèbre L’homme de la vallée perdue(1953) de George Stevens cité directement ou indirectement à plusieurs reprises faisant de ce troisième volet épique un étonnant western moderne empruntant la mélancolie d’Eastwood dans Impitoyable (1992).

La narration linéaire et cohérente n’élude pas les moments d’introspections ou intimistes mais pêche un peu plus dans les relations de transmissions et de filiations entre les trois générations de mutants pas assez approfondis alors que la matière était là avec l’apparition de ce qui devrait succéder à Logan avec le personnage de Laura. L'écriture du personnage du méchant assez archétypal aurait pu également être plus soignée. Mais ces petits bémols n’atténuent point l’émotion qui pointe particulièrement son nez lors de deux séquences assez bouleversantes et inhabituelles dans ce genre de film stéréotypé où les histoires se déclinent beaucoup plus en numériques qu’en sensations lacrymales. Certains clins d’œil aux épisodes précédents et les références aux comics book donnent aussi un peu plus d’épaisseur à l’histoire.

Cette aventure très « Terre à Terre » offre la possibilité à Hugh Jackman de proposer en guise d’adieu à son personnage fétiche (9 fois incarné) une prestation ciselée où la brutalité et la dépression se décline avec férocité et justesse jusqu’aux derniers plans du film où l’inattendue Dafne Keen fait mieux que seconder la star en apportant sa vivacité, l’agilité et la profondeur de son regard s’avère être une magnifique révélation et prête à reprendre le flambeau. On saluera aussi la dernière prestation impeccable de Patrick Stewart dans le rôle du professeur X plus malicieux et touchant que jamais.

Venez saluer pour son dernier rappel avant le baisser de rideau porter un regard humaniste sur ce personnage atypique de science-fiction Wolverine dont on se souvient que derrière les griffes avant il y avait tout simplement Logan. Une révérence spectaculaire, graphique, violente et émouvante.

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