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Los Muertos par Eowyn Cwper

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Un film sauvage (un peu dans tous les sens du terme) avec quasiment un seul acteur (totalement inconnu) qui donne son nom à son personnage : bienvenue dans le minimalo-naturalisme détenu par des réalisateurs du tiers-monde qui ne font qu’un avec leurs inscénarisables sujets. Los Muertos peut être résumé en une ligne & ne semble formé que de quatre plans qui épaississent la frontière entre plan long & plan-séquence par leur lenteur incommensurable inconnue du cinéma occidental. Il y a bien d’autres plans toutefois, des petits moments qui se succèdent brutalement comme des journées trop vides & trop bien remémorées, où le personnage n’arrête pas… d’arrêter de faire des trucs.

Vargas étant en prison, le propos est-il que l’ennui est la vraie prison ? Cela voudrait dire qu’une bien lourde peine est infligée au spectateur. Toutefois non : Vargas est une force de la nature, un héros dont tout le monde se fiche, qui sait voyager dans la civilisation & en-dehors, naviguer ou tuer une chèvre. Le consumérisme se fait tout petit à côté de son autonomie, & si l’on regarde le film parce qu’on est soi-même consumériste de films (il y en a de pires formes, hein), on n’a plus vraiment le rapport de force à son avantage : trop long, trop lent, une caméra même pas contemplative qui n’évolue qu’en angles droits ? Peut-être, mais le film ne nous rend pas victime de l’ennui : il nous en rend coupable. Tant pis pour nous si on ne sait pas l’apprécier. Et je n’ai pas su.

Ayant nécessité une préparation parfois énorme pour que des scènes n’aient paradoxalement absolument rien de cinématographique, Los Muertos remplit sans accrocs le carnet des charges de son genre : le contrepied.

Quantième Art

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