Ne pas réussir à dormir dans un hôtel japonais

Avis sur Lost in Translation

Avatar Daniel  Racine
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Disons-le tout de suite, Sofia Coppola n'habite plus chez papa. Avec son deuxième long-métrage, elle prouve sans l'ombre d'un doute qu'elle a le talent pour se détacher à tout jamais du monstre sacré paternel. Car elle nous offre une belle surprise automnale qui fait vraiment du bien et qui dépayse en même temps. LOST IN TRANSLATION est le genre de film qui croise notre chemin que trop rarement: drôle, imprévisible, humain, atmosphérique. Sofia donne à Bill Murray le rôle qu'il attendait depuis toujours. Celui d'un homme complètement dépassé par les événements et qui, pour ne pas lâcher prise, se lie d'amitié avec une charmante jeune américaine (la surprenante et juste Scarlett Johansson). Tous les deux souffrent d'insomnie, tous les deux prennent le temps de regarder ce temps passer et ils tenteront, chacun à leur façon, de reprendre goût à la vie. La force du récit se remarque dans les petits gestes entre les deux acteurs: des regards échangés, des doigts qui se frôlent, des rires complices. Et aussi la place occupé par la vie japonaise, bien mis en images par Mme Coppola. Elle dose bien sans trop en mettre et donne le goût au spectateur d'aller s'acheter, tout de suite après la projection, un billet d'avion pour Tokyo. Au risque d'y passer quelques nuits blanches.

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