À elles

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Comme j'ai pu le voir, le réalisateur a dédié son film "à elles", les femmes, les mères, les filles. Avant d'avoir vu, à la fin du film, cette dédicace, j'avais, durant le film, été touchée en tant que femme. Ce film est, par moments, si intense et nous renvoie si profondément à notre féminité, notre rôle de mère ou mère à venir, mère spirituelle ou simplement le pouvoir inhérent à chaque femme d'être mère. Ce sentiment, si subtil, si imperceptible pourtant, Julio Medem a réussi à le transposer à l'écran et même à le sublimer.

Si je conviens que certaines scènes laissent à désirer selon moi, notamment les scènes dans lesquelles un coeur en image de synthèse bat, image récurrente dans le film, les scènes de chant en espagnol que j'ai trouvées très kitsch et en décalage avec le reste du film (il s'agit sûrement ici de différences culturelles entre l'Espagne et la France, ou bien était-ce voulu par le réalisateur), le fil conducteur du film reste très intéressant.

L'ambiance lumineuse et les couleurs changeantes en fonction de la santé de Magda, la mère, personnage principal, est très réaliste, puissant. Mais également troublant car à force de jouer avec les moments d'égarement de Magda dus à la chimiothérapie et autres opérations ainsi qu'avec les lieux blancs immaculés dignes de notre représentation stéréotypée du paradis, il nous devient difficile de distinguer la réalité du rêve ou du cauchemar mais également, la vie de la mort. Ainsi, nous devenons Magda et c'est, je pense, ce que souhaitait le réalisateur.

Je reste subjuguée par ce film réalisé par un homme qui a si bien pu saisir cette notion complexe qu'est la féminité ainsi que la maternité.

Il aborde également, bien évidemment, le malheureux thème de la maladie, plus précisément du cancer. La réaction de l'entourage, son changement de comportement vis-à-vis de la personne malade. Et à ce sujet, la relation la plus intéressante est, selon moi, celle de Magda et son fils. Lorsqu'elle remarque, très justement, qu'il n'ose plus établir un long contact visuel avec elle, qu'il développe cette pudeur et cette peur qui l'éloignent de sa mère. La relation mère-enfant est également magnifiquement bien traitée.

J'ai trouvé ce film idéaliste à certains moments, je pense à la vitesse à laquelle le couple Arturo - Magda se forme et la réaction extrêmement positive de l'enfant, plus pessimiste à d'autres, notamment avec la dure réalité de la maladie qui s'abat sur Magda, pourtant si pleine de vie et de projets. Certains parleront de goût trop prononcé pour le pathos; je n'ai pourtant absolument pas ressenti le film de cette façon. Au contraire, Magda, bien que très malade, pensera toujours à l'avenir, ne laissera pas la place au hasard et au malheur : elle guérira, elle en est certaine.

Bien que légèrement moraliste, dans le sens où ce film nous enseigne, comme dans beaucoup de films traitant de maladie, à faire ce que l'on aime dans la vie, entouré de ceux que l'on aime, il reste, selon moi, réaliste.

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