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Un biopic anecdotique?

Avis sur Ma semaine avec Marilyn

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En août prochain, cela fera 50 ans que Marilyn Monroe nous a mystérieusement quitté. Pourtant de Cannes aux salles de cinéma en passant par la pub et la mode, l'actrice n'aura jamais été aussi omniprésente que cette année. Une fascination qui commence dans les années 50 et qui se perpétue aujourd'hui.
Adaptation du roman éponyme de Colin Clark, My Week With Marilyn s'attarde sur la relation que le romancier (alors âgé de 23 ans et troisième assistant-réalisateur) noue avec Marilyn Monroe sur le tournage du film Le prince et la danseuse.
Chronique intime d'une Marilyn qui sombre petit à petit dans la dépression, le premier film de Simon Curtis se regarde sans déplaisir mais n'est jamais à la hauteur des critiques dithyrambiques qui peuplent son affiche. Convenu dans la forme, il ne fait qu'effleurer la surface sur le fond. De nombreuses actrices ont déjà prêté leurs traits avec plus ou moins de réussite à Marilyn Monroe. Pour My Week With Marilyn, cette délicate tâche revient à Michelle Williams (choisie à la suite du refus de Scarlett Johansson). Si le travail effectué par l'actrice sur sa démarche, sa voix et sa gestuelle sont assez incroyables (d'où un Golden Globe de la meilleure actrice et une nomination aux Oscars amplement mérités), l'ancienne star de Dawson n'arrive jamais à nous convaincre qu'elle est Marilyn.
La faute non pas à l'actrice mais à son personnage lui-même. Williams incarne sans mal la femme sans défense constamment en proie au doute mais elle ne parvient pas à rendre ce charme inné et incomparable qui a fait de Marilyn la plus grande star de tous les temps. Trop complexe pour être restituée, la personnalité de Norma Jean Baker ne peut se suffire d'un simple film dont la force ne réside finalement pas dans son héroïne. Les nombreux livres qui lui sont consacrés sont certainement plus prolixes à son sujet.
Si l'interprétation de Michelle Williams est globalement réussie et touchante (sans nous tirer des larmes non plus), on lui préfère les dessous dun tournage tendu et la confrontation entre deux méthodes de jeu que tout opposent. Alors que Paula Strasberg (Zoë Wanamaker trop peu présente à l'écran) prône comme son mari Lee, de jouer selon La Méthode* (l'acteur puise en lui les ressources affectives pour donner vie à son personnage), Laurence Olivier (Kenneth Branagh parfait) est partisan d'un jeu plus figuratif basé sur l'imitation. Finalement Le Prince et la danseuse sera un échec au box-office mais est paradoxalement le film pour lequel Marilyn Monroe aura été le plus récompensée (elle remporte un David Di Donatello - les Oscars italiens – et est nominée aux Baftas). L'année suivante, elle devient définitivement un icône avec Certains l'aiment chaud grâce auquel elle remporte l'unique prix américain de sa carrière : le Golden Globe Award de la meilleure actrice dans une comédie. Un prix remporté 50 ans plus tard par Michelle Williams en janvier dernier.

*« Peu importe que le jeu soit bon ou mauvais, ce qui importe, c'est qu'il soit vrai » (Constantin Stanislavski). Dans les années 50, Lee Strasberg reprend les idées de Stanislavski (conciliés dans les livres La formation de l'acteur et La construction du personnage) pour enseigner à l'école d'art dramatique l'Actors Studio. Sidney Poitier, Marlon Brando, Dustin Hoffman, Robert de Niro ou encore Marilyn Monroe y apprennent La Méthode. L'acteur doit pour donner vie à son personnage puiser en dans sa mémoire affective des émotions similaires à celle de son personnage. Une assimilation empathique quasi totale qui permet de mieux le comprendre et donc de mieux l'interpréter. La Méthode a cependant ses détracteurs comme Laurence Olivier ou plus récemment Charlize Theron. Dans une interview donnée au magazine Studio CinéLive à l'occasion de la sortie de Young Adult, l'actrice a déclaré : « Je pense que les acteurs qui affirment qu'il faut vivre son personnage 24 heures sur 24 ont tort. La méthode de l'Actors Studio, c'est de la blague. J'ai essayé, à mes débuts, j'en suis vite revenue. Je n'ai aucune envie de me sentir misérable pendant deux mois parce que je joue un rôle tragique, je préfère changer de métier si c'est ça. Ce qui ne m'empêche pas de m'impliquer à 1 000 % dans un rôle ».

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