Barry Sonnenfeld chie dans la litière

Avis sur Ma vie de chat

Avatar Bastien Marie
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Attention, cette bafouille contient des spoilers ! Merci de votre compréhension.

Tout le monde sait que les chats sont très rigolos et sont devenus des stars du web avec des vidéos où ils font diverses pitreries. Si on retourne aux sources du phénomène, on pourrait même se dire qu'on le savait déjà aux temps des Nuls quand ils faisaient leur fausse pub de croquettes où les chats ne font rien qu'à jouer au babyfoot et fumer des pétards. Mais comme d'habitude avec ce genre de buzz au long cour, les derniers au courants sont les producteurs exécutifs qui, voulant surfer sur une vague déjà retombée depuis longtemps, sortent un film forcément déjà daté lui aussi. Cette fois, c'est Europacorp qui s'y colle (ça annonce déjà la couleur brune de l'excrément que risque d'être le film), et ils y croient un minimum pour engager un réalisateur chevronné comme Barry Sonnenfeld et une star du rang de Kevin Spacey qui, en plein règne avec House of Cards, n'avait vraiment pas besoin de ça. Christopher Walken, lui, a l'excuse d'aimer les chats et est beaucoup plus coutumier à ce genre de bavures filmiques...

Bref, Ma vie de chat raconte l'histoire d'un puissant homme d'affaires qui en a tant, d'affaires, qu'il n'a plus de temps à consacrer à sa propre famille. Du coup, un mystérieux propriétaire d'animalerie va le coincer dans la peau d'un chat jusqu'à ce qu'il se rende compte que la famille, c'est le plus important. On est bien d'accord, cette histoire a été déjà racontée mille fois et se termine bien contre aucune attente. Le souci n'est pas tant que le film déplie tout le programme habituel de la production familiale (terriblement anachronique par ailleurs), c'est plus que Barry Sonnenfeld, qui nous avait pourtant laissé sur un Men in Black 3 de très bonne facture, est fatigué. Le sieur n'a que 63 ans, mais derrière sa caméra, il en paraît 95 !

Le réalisateur de Wild Wild West (une indéniable réussite comparée à ça) est donc devenu un papy gâteux, voulant contenter les gosses avec moult blagues foireuses, ne se rendant pas compte de l'opportunisme de son film (balancé au début, l'emballement viral pour les chats sur internet est ensuite complètement zappé), et n'y comprenant plus rien aux effets spéciaux. Car le plus gros problème de Ma vie de chat, c'est bien sa boule de poils numérique, faisant des courbettes au mieux improbables, distingué automatiquement d'un vrai félin par un cerveau de quatre ans. Même si le film est chiant à mourir, avec un casting inepte (sauf pour Walken mais encore une fois, il est rôdé au cabotinage), je pensais aller le voir par compassion pour le réalisateur de La Famille Adams. Mais sous l'égide d'Europacorp, qui n'a toujours pas compris qu'elle n'est pas une société de prod ricaine, le cinéaste est aussi honteusement comateux que son protagoniste. Ma vie de chat est donc pire qu'un film embarrassant pour son auteur (donc pire que Wild Wild West), il est un échec sans appel, un pet foireux qu'on espère pas assez odorant pour flinguer les carrières des personnes impliquées dans ce foutoir.

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