Mad Max

Avis sur Mad Max 2 - Le Défi

Avatar Angie_Eklespri
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     Donc Mad Max, pour moi c’est Mad Max2. Mad Max1, c’est la version native, pas encore au point. Le 3, c’est de la caricature. Le 4, un reboot du malin du 2. Mad Max2, donc, avec tous les ingrédients, qui feront du film une franchise culte et générationnelle. Le contexte apocalyptique. La fin du monde industriel. Le retour à la sauvagerie. L’ambiance post-punk. La narration creuse pour  film d’aventures grand public. Voilà le divertissement pour adultes et ados, avec  action, et perversité BD adult. Un final pyrotechnique, pour ne pas dire dantesque, et effets spéciaux artisanaux pour achever le grand spectacle. Cocktail explosif. Là où la mise en scène fait un peu bourrin, c’est rattrapé par un pitch original, le sujet au millénarisme flatteur, (la fin du monde, ça fait vendre), et un acteur magnétique comme pas un. Mel Gibson au sommet de son art. Voilà, Max. Celui qui donne un corps, et de la substance à un personnage vide et sans cause, Mel est Max. S’il ne doit rester qu’une prestation de Mel, c’est évidemment celle-là.

   Le manque de perspective se perd sur la ligne droite du désert, en roulant à pleins gaz. Le cinéma, art à part entière, qui peut se vanter d’être bourrin, et moderne en même temps. Tout miser sur une grandiloquence baroque, une maîtrise de bric et de broc, et tout ça tient miraculeusement debout. On n’est pas là pour penser, mais pour un trip malsain. Filmé brut de brut, aussi bancal que les vieilles Ford cassées, trafiquées, recyclées, qui filent à plus de 100, tout droit. A la poursuite de la seule chose qui compte désormais. Le carburant, pour aller encore plus vite, sur l’unique route qui traverse le désert. L’or blanc. L’essence. Pitch simple, et efficace comme la mort. Plus de code moral, plus de civilisation. L’homme face aux loups. Le loup face aux hommes. Et Max, le fou. Des maraudeurs habillés comme dans Conan le barbare…une vrai brocante pop art du pauvre, ce film. Stylisé trash hardcore, et Max qui survit à tout, sans doute pace qu’il est  déjà mort. Il devient protecteur d’un petit groupe d’humains, une communauté qui protège un trésor. Les dernières réserves d’or blanc. Des citernes remplies d’or. Trésor convoité par le chef de guerre au masque de mort, et au pistolet qui tire des balles en argent. Pas d’histoire, mais un synopsis à la symbolique très forte.

    Max n’est pas Moïse. (Il le deviendra dans le numéro3). C’est un mercenaire qui subira le destin de tous les mercenaires. Être tué, ou trahir sa mission. Sous un aspect de divertissement, le fond n’est pas joli-joli. Rude comme le désert, film brûlant comme une morsure de serpent, avec crapauds. Voilà Mad Max2. Et le trip s’achève par une révélation finale, qui surprend tout le monde, et finit par nous achever. Max n’est définitivement pas un héros ( !) Il ne l’a jamais été. Malgré sa gueule d’ange, son mutisme, son héroïsme bravache. Derrière sa résistance au mal, sa folie furieuse de casse-cou, se cache une âme d’enfant. Il s’est fait avoir comme un bleu ! (No spoiler). Il ressemble à cet enfant sauvage  armé d’un boomerang, qui le suit tout le temps. C’est Max, Max en miniature. Étrangement muet lui aussi. Le final est un peu psychodrama. Max n’évolue pas, mais le regard qu’on aura soudain sur lui, certainement. Quel naïf, ce Max ! Perdu dans le désert depuis si longtemps, qu’il en a oublié les codes de vie en société. Remplies de codes et règles qui ne sont pas si différentes de celles de la survie en plein désert. Même si elle est miniature, cette société, faîte de quelques caravanes, de camions citernes remplies d’essence, avec des hommes et des femmes, et des enfants sages. Un débris de civilisation à la recherche du paradis perdu. Tout cela est très fragile, et Miller donne raison à Kubrick. Pessimiste et roublard, Georges. Et la troupe part de son côté, Max du sien. Seul.

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