Je rappelle que ce film fonde un genre...

Avis sur Mad Max 2 : Le Défi

Avatar Grégory_Makles
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Oui, je le rappelle à nos amis jeunes et ignorants (mais néanmoins sympathiques) qui comparent Mad Max qui au film, jeu de rôle ou -jeu vidéo qui leur a fait découvrir le genre "post apocalyptique" et ignorent que cette introduction doit presque certainement une partie centrale de son code génétique à Mad Max (et au 2 en particulier).

Avant Mad Max, le post apo était généralement une variante sur le mode de la planète sauvage, la folie des hommes, la confrontation de l'homme moderne à des tribus primitives. Mad Max 2 change complètement la donne : l'important n'est plus comment l'homme s'est auto éradiqué, mais pourquoi il l'a fait - le pétrole - et comment l'humanité presque mourante continue néanmoins à s'entretuer jusqu'au dernier, toujours pour ce pétrole. Le message est d'un pessimisme hallucinant - d'ailleurs dans Mad Max 2 même ceux qui se targuent d'être les plus civilisés sont sales, habillés comme des sauvages, brutaux et pas vraiment instruits. Quand à Max, le personnage est d'une noirceur qui n'a il me semble pas eu d'égal dans le cinéma d'action. Mel Gibson amène une interprétation très intense renforcée par un mutisme encore plus prononcé que celui de Schwarzenegger de Terminator à la même époque.

Comme souvent dans les films anglo saxons marquants, le concept du film s'incarne dans une scène d'action mémorable - ici la poursuite finale, qui m'avait semblé à la première vision durer la moitié du film (en fait, "seulement" douze minutes...) et reste à ce jour un moment d'antologie inégalé dans le genre, au moins pour moi.

Et puis merde, c'était le film d'une époque où l'on pouvait faire des films sans personnage féminin si ça n'était pas le propos, des films sans dialogues si ça n'était pas le propos, des films où l'on pouvait faire mutiler des punks psychopathes par un enfant muet et attardé. Un critique ici moque le fait qu'un chien meurt : pour moi c'est justement la classe infini de ce film et la vulgarité infinie qui nous reste dans les films actuel. Non seulement le chien de Max meurt, mais c'est montré sans emphase. Un minimalisme et une honnêteté vis à vis de l'histoire que toute l'imagerie numérique du monde ne peut pas compenser, à mon avis.

Dernière remarque : ayant pour ma part commencé le genre post apo (tel qu'on l'entend aujourd'hui, c'est à dire tel que l'a redéfini Mad Max 2) avec ce film, j'ai trouvé tout ce qu'on a fait depuis bien fade à coté. Fallout, Waterworld, ou je ne sais quel Manga : personne n'a osé pousser les boutons de la pénurie absolue, de la brutalité psychotique et de la fin inéluctable de toute civilisation comme dans ce film. D'un certaine manière, il ne fait pas que créer le post apo, il y met un point final.

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