Gazolina

Avis sur Mad Max 2 : Le Défi

Avatar Oka Liptus
Critique publiée par le

"Mad Max : The Road Warrior" est un chef d'oeuvre que l'on revoit l'air fasciné.

L'introduction est déjà un petit tour de force, en noir et blanc. La voix est elliptique, d'une neutralité morbide. La musique prend de l'ampleur. Elle orchestre la mort d'une époque. La diplomatie tient avec des bouts de ficelles. La silhouette de Mel Gibson est d'un effroi absolu. Un bijou de noirceur.

Puis la couleur.

Prolongeant le premier épisode, glaçant et sans pitié, le film porte sa caméra sur le personnage principal qui est rendu mythologique. Le long-métrage hérite de la tragédie radicale de Max, ici exploitée en toile de fond, sans démonstration directe, comme en écho au précédant opus. C'est son traumatisme, provoqué par la mort lapidaire de sa famille, qu'il porte sur ses épaules, sa jambe cassée, son regard moribond dans un contexte de "re-civilisation".

Les gens refabriquent une pseudo société et essayent de survivre en s'habituant au barbarisme quotidien.

La saga "Mad Max" est devenue l'archétype d'un genre : motorisations bruyantes, bitume en lignes jaunes, plaines désertiques, poursuites, fusil double-canon, silhouette bancale, héros proche du mutisme, etc. Cette mythologie contient une cohérence interne qui est parfaitement rodée, travaillée, avec ses thèmes dramatiques et ses enjeux exposés impeccablement et sans fioriture, comme dans une arborescence.

La civilisation, les pulsions humaines, l'exploitation sauvage des ressources, la survie, les intérêts individuels et communs... La mythologie "Mad Max" utilise ces thèmes dans un esprit de synthèse et d'articulation.

Sur la forme, le montage profite d'une habilité technique remarquable, qui intègre des séquences pyrotechniques ébouriffantes, parfois courtes et survoltées, mais aussi des parties plus longues, dont le sens aiguisé de l'accumulation et de l'enchevêtrement impose le respect.

Il se met en place à l’écran un mariage naturel, d'une manière qui peut être inconsciente, entre l'art du montage d'une part et celui de la conduite d'autre part. Il y a dans ces deux exercices des points similaires dans la façon de maitriser et gérer un "flow", une direction.

Cette analogie se manifeste brillamment dans la dernière partie du long-métrage, à travers un déluge sur bitume grisant de près d'une demie-heure, qui relève d'un coup de maitre.

Ne reste alors qu'un dernier traveling arrière, sur le profil de Max, de plus en plus lointain, comme un souvenir.
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