Mad Max(s)

Avis sur Mad Max : Fury Road

Avatar DjeeVanCleef
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J'ai rêvé d'un Mad Max réalisé par Gus Van Sant.

Tourné en un seul plan-séquence, avec un camescope vintage, pour choper l'incroyable grain des lumières naturelles sur le désert rouge , avec que des mecs qui portent des cuirs à même la peau, partout. C'était même en Odorama, vachement contemplatif, super propre, filmé à hauteur d'homme, mélancolique bien comme il faut, mais j'avoue, c'était tellement mou que je me suis endormi dans mon rêve à un moment.
Je me souviens quand même d'une longue scène, LA scène pour ainsi dire, où Matt Damon, qui jouait Max, nettoyait sa Ford Falcon Coupé avec la langue.
Ça s'appelait «Maxou» et ça faisait l'ouverture du Festival de Cannes, t'imagines ? C'est pour ça que je sais que c'était un rêve.
J'ai mis 2 étoiles sur SensCritique.

J'ai rêvé d'un Mad Max réalisé par Martin Scorsese, période avec la barbe.
C'était une fresque post-nuke sensible mais avec des couilles quand même. Le héros, Max, joué par Nicolas Cage, avait bouffé son chien le jour où il s'était rendu compte que le clébard était plus intelligent que lui. Pour confirmer, il avait fait un feu car il aime la bidoche archi cuite mais avait été repéré par les méchants. Des adorateurs de chiens en plus.
Le méchant en chef, Immortan Joe, joué par Daniel Day Lewis en roue libre, avait donc décidé, sur les conseils de son nain de fils (joué par un Robert DeNiro débordant de classe, qui avait vécu avec des nains pendant sept semaines pour peaufiner les moindres détails et avait décidé de se couper les jambes pour le rôle), de bouffer le Max en représailles. Pour lui apprendre que ça se fait pas de bouffer les chiens, on n'est pas des gitans, la putain de sa race.
C'était sauvage mais classieux.
Dans une scène, Scorsese avait accroché Clapton avec des élastiques sur un camion et Eric jouait "Wonderfull Tonight" en fermant le yeux pendant la poursuite finale.
Comme c'était un Martin période avec la barbe, j'ai mis 9.
Obligé.

J'ai rêvé d'un Mad Max réalisé par Gaspar Noé.
Tout en voix-off monocorde, avec une caméra greffée au front d'un Philippe Nahon qui se trimbale en string de cuir dans la nuit désertique, t'as vu, en mode "je vais tout défoncer parce qu'un gang de mutants de Ménilmontant a laissé pour mort mon kangourou", le dernier de son espèce à la con, après l'avoir sodomisé à la chaîne dans l'éprouvant plan fixe long de 19 minutes et 54 secondes qui ouvre le film.
Du coup le Max, toujours aussi fou et toujours en slip, part dans une sorte de croisade apocalyptique où il tue les méchants à coup de bistouquette et où personne n'en réchappe.
Et c'est tant mieux.
Dans le combat final, Max mange les yeux du fils attardé du méchant, joué par un lutteur qui était dans Astérix, mais il ne le tue pas. Il a pour projet de lui apprendre à sauter, pour en faire son kangourou perso.
J'avais trouvé ça culotté de violer le mythe avec des sous-entendus homos. Surtout que Van Sant l'avait déjà fait.
Dans mon rêve, j'ai quand même mis 8 car j'adore Philippe Nahon en slip.

J'ai rêvé d'un Mad Max réalisé par Christopher Nolan.
C'était beau parce qu'il y avait Matthew McConaughey dedans et que ce mec, il faut le savoir, il rend beau tout ce qu'il touche.
Un peu comme moi.
Il n'y avait plus d'eau sur la surface du globe et jusqu'à ce qu'il ait soif, Max, il s'en foutait. Il est fou alors il a essayé de boire du gazoline mais c'était pas top.
À un moment, il a tellement la pépie qu'il est à deux doigts de boire son pipi mais son Interceptor se met à lui causer, du coup ça le chamboule. Il l'écoute sans l'interrompre.
On voit sa pomme d'Adam monter et redescendre le long de son cou, un machin gros comme un poing d'enfant, pendant qu'il essaie de déchiffrer le tac tac touc tic tac tac de son V8.
De deux choses l'une, soit des extraterrestres essaient de communiquer avec lui par le biais de sa caisse pour lui demander une information relative à la police vu qu'il était dans la maréchaussée avant que tout parte à vau l'eau, soit il est con.
C'était du Nolan pur jus, avec le flashback explicatif qui vient à point nommé, histoire de te dire ce que t'as pas compris bien que tous les persos en jactent depuis une plombe.
C'est romantique aussi, parce que l'amour, il n'y a que ça de vrai.
Le méchant, qui est le soleil dans ce film, était joué par Michael Caine et cabotinait un max.
Dans mon rêve j'ai mis 6 parce qu'en fait c'était que le rêve d'un autre mec qui rêvait dans ma tête. Je ne sais pas si tu vois le sans-gêne des gens d'aujourd'hui.

Puis, j'ai vu Fury Road.

J'ai entendu le métal hurler et Max ronger son frein devant l'émergence d'un personnage destiné à l'égaler dans son univers.
J'ai retrouvé le fantôme solitaire, le guerrier de la route voué à errer sur tout ce qui supportera sa carcasse, loin des hommes.
Mais j'ai vu la Ford Falcon mythique balayée, recyclée au service d'Immortan Joe. Abandonnée. Et j'ai pleuré.
J'ai vu le torpillage pyrotechnique, l'antre de la secte, les ceintures de chasteté, l'orgie mécanique.
J'ai vu cette scène d'action de deux heures, quasi ininterrompue, le chaos de la décadence, j'ai ressenti les décharges d'adrénaline frelatée.

J'ai vu l'orage mécanique gronder, Max se consumer et renaître de ses cendres.

Et j'ai pleuré car Miller l'a fait.

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