Les fous du volant

Avis sur Mad Max : Fury Road

Avatar archibal
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Enfin un film qui tient ses promesses, les multiples bandes annonces faisaient plus que saliver et je redoutais qu'elles aient défloré trop de choses sans parler de la déception qui suit ordinairement une attente trop forte. La richesse du film est telle que le spectacle n'a en rien été terni par cette promo débordante et les quelques scènes d'action teasées ne sont que peanuts au regard de l'ensemble.

En effet l'économie faite pour la construction de décors s'est reportée intégralement sur le budget cascades, il n'y a absolument rien à l'écran hormis le désert à perte de vue, même pas de routes, juste un cirque ambulant composé de dizaines d'engins extravagants conduits par des tarés.

On aurait pu croire que Miller était un peu rouillé depuis le temps mais la maestria du bonhomme en la matière est impressionnante, c'est simple il y aura indéniablement un avant et un après Fury road. Tout ceci sans compter l'enrichissement de son univers post-apocalyptique par de nombreux détails savoureux jusqu'à créer de vraies zones tribales avec leurs propres croyances, bref un travail impressionnant pour un réalisateur à la filmo atypique, entre Babe le cochon et La 4ème dimension.

Il recycle par exemple le mythe du Valhalla pour fanatiser encore plus ces fous du volant qui vénérent le dieu V8 et en se shootant au chrome. Le fameux Immortan Joe habite d'ailleurs dans une sorte de jardin d'Eden en haut d'une falaise d'où il décide du sort des mécréants en déversant de l'eau quand il le souhaite.

Mis à part les références religieuses le film porte aussi un message féministe qui sert de base à l'histoire. Les favorites du chef en ont marre d'être considérées comme des objets et se font la malle du harem en se débarrassant de leur ceinture de chasteté à la première occasion, genre Thelma et Louise en plus badass. Elles embringuent même des motardes amazones sur le retour pour atteindre enfin l'émancipation.

Tom Hardy n'a pas la gueule patibulaire qu'avait Gibson dans la première trilogie mais il reste crédible, puis c'était un meilleur choix que Paul Walker un temps envisagé. La caractérisation de Max est assez rudimentaire, si ce n'est son bon vieux blouson vestige méconnaissable de son passé de flic ou bien son carnet de santé tatoué à même le corps et les flash-back maladroits avec sa famille le film est au final plus centré sur Furiosa.

Mais ce road-movie intense ne laisse pas vraiment de place à autre chose que l'action et les personnages existent surtout via leurs actes ou leur look déjanté à l'instar du méchant à la respiration quasi Vadorienne.
Miller revendique d'ailleurs la rareté des dialogues en appliquant la théorie d'Hitchcock comme quoi les Japonnais ne doivent pas avoir besoin de lire les sous-titres. Il n'hésite d'ailleurs pas à museler Max pendant une bonne partie du film en forçant Tom Hardy à réitérer une performance grognarde après celle de Bane.

Cette recette singulière rend les choses encore plus efficaces à tel point que les rares moments de calme verbeux contrastent fortement avec le reste. Mais on aurait tord de croire au non scénario pour autant, énormément de choses sont sous entendues ou métaphoriques sans compter toute cette action old school extrêmement bien rythmée le long du film par des idées loufoques dignes d'un Tex Avery.

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