Maria

Avis sur Madame

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Le cinéma est sans doute l'art qui traite les corps de métier le moins égalitairement. Combien de films pour nous dire qu'on peut être heureux en tant que boulanger ? Et combien pour nous démontrant que l'homme aspire toujours à monter les échelons et que le bonheur vrai est en haut de l'échelle ? Et je ne parle pas de condescendance, parce que souvent, quand on vous montre un personnage qui aime un 'petit' métier, on parle d'homme 'simple'. C'est quoi ce terme à la noix ? Pourquoi ne pourrait-on pas être simplement content de ce que l'on fait. Ou simplement trouver son bonheur ailleurs que dans son boulot ? Non pas que ce soit une torture non plus, juste que ça permet de vivre sa vraie passion. Dans "Madame", on nous fait bien comprendre qu'être bonniche, c'est le fond du panier ; pourtant y a des gens qui aiment ce métier. Après, je n'ai rien contre les films répandant ce genre de discours : en général, l'idéologie des auteurs n'entre pas en compte dans mon appréciation d'un film : un film misogyne et raciste peut très bien me plaire alors que je ne suis ni misogyne ni raciste. Soit.

Je ne savais rien de l'intrigue de ce film ; je dois dire que ça commence assez bien, avec un repas en partie improvisé, fonctionnant efficacement sur le mode du quiproquos. L'humour fuse parallèlement aux petits conflits sympathiques tandis que les personnages se révèlent. Je pensais que ça allait durer tout le film. Hélas, passé 20 minutes, on passe au jour suivant... et l'intrigue perd en qualité à mesure que le récit s'étale sur une longue période. La romance est assez convenue, les quiproquos faciles et moins efficaces. Les personnages sont moins approfondis à cause de cette romance et même l'histoire d'adultère n'a que peu d'intérêt (alors que ce que vit le personnage concerné est plutôt intéressant mais c'est exploité sans l'être vraiment). L'humour reste tout du long et sauve le film en grande partie.

La mise en scène est correcte et soignée. Pas vraiment de plan marquant, l'image est assez anonyme. Notons tout de même quelques jolis décors, mais rien de très investi spatialement. Les acteurs semblent s'amuser, sans doute parce que les personnages sont suffisamment typés pour pouvoir en faire quelque chose (dommage du coup qu'ils aient tous si peu de temps à l'écran). Tony Colette tombe la chemise ; dommage qu'Harvey Keitel ne montre pas son zizi, ça fait longtemps qu'il ne l'a plus fait et c'est rare de voir un acteur connu à poil une fois senior (pourtant ça aurait pu servir l'histoire).

Bref, ça reste amusant du début à la fin, mais y avait mieux à faire de tout ce petit monde.

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