La religieuse ou la putain

Avis sur Mademoiselle de Joncquières

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Sans connaissance de l'oeuvre de Monsieur Mouret, ni du roman de Monsieur Diderot dont seul le titre m'était familier c'est plutôt Monsieur Baer qui m'a attiré vers le cinéma. J'avais envie qu'il me fasse plaisir avec sa voix si singulière et son talent étrange. Je dois le dire, le début ne m'a pas emballé j'ai trouvé ça maladroit, mais il ne ma pas fallu bien longtemps pour que le film me montre ses charmes, c'est-à-dire:
Un duo de comédiens à la hauteur (mon cher Edouard Baer a été à la hauteur de mes si grandes attentes, quoiqu'il m'arrivât de trouver parfois ses propos artificiels, mais là encore cela ne dura que peu de temps, le temps qu'il adopte avec délicatesse la langue du XVIIIème siècle (ou plutôt que la langue du XVIIIeme siècle l'adopte). Cécile de France, que je 'avais plus vu depuis longtemps et qui m'a soufflé à l'oreille qu'elle avait elle aussi des talents, autant que son personnage. Les autres comédiens ne sont pas moins bons (mais pas meilleurs). Mlle Isaaz qui parle peu et fait donc plus mystérieuse est charmante.
Des dialogues qui se glissent dans le décor du siècle des Lumières avec un charme fort plaisant. La plume trempe son bout dans le cœur aussi bien que dans la plaie (et c'est cela qui nous plaît, sans rancoeur). Diderot est mis à l'honneur, mais aussi pourquoi pas Monsieur de Laclos, et les auteurs de ce grand siècle (Marivaux oh Marivaux bien sûr)!
Une ambiance bien peinte: des costumes (c'est un film en costumes donc heureusement que la promesse était tenue) dans l'esprit raffiné et divers rappelant parfois certains tableaux, dans des décors somptueux (parfois il m'a semblé (et il se peut que je me trompe en ce point) apercevoir des jointures de portes plutôt modernes mais cela n'est ni flagrant ni important). Le tout accompagné par la musique, là non plus pas exclusivement d'époque (j'ai lu Bizet dans le générique) mais non moins charmante et adéquate (aucune mélodie n'est originale).
Et les choix de mise en scène oscillant entre le théâtre et le cinéma, mais au service la plupart du temps du récit et de l'esthétique du moment. Le choix des couleurs et de leur juxtaposition rappelle là encore certains tableaux du XVIIIème, mais donne au film un style en cohérence avec les humeurs. Enfin on peut aussi trouver des plans faisant référénce à des films (pourquoi pas l'ouverture du Mépris dans une scène entre Cécile de France et Edouard Baer couchés dans un lit; ou Barry Lindon dans certains plans extérieurs).
La copie n'est pas parfaite, mais les quelques soucis n'enlèvent presque rien à la beauté de ce film, qui plus est, français.

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