Chili con carnage.

Avis sur Magic Magic

Avatar Oswald 雷雷雷
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Bien que possédant certains attributs du film de genre tendance slasher-in-the-woods (notamment l’éternelle bande de jeunes dans une maison isolée de tout), Magic Magic ne décrit aucunement un énième jeu de massacres entre adolescents mais bel et bien un véritable carnage mental orchestré à la perfection par Juno Temple. Celle qui a pourtant l’habitude des rôles borderline livre ici l’une des glissades dans la folie les plus impressionnantes vue au cinéma ces dernières années (je serais même tenté de dire de davantage encore mais je ne vais pas trop faire le fou). Plus qu’une glissade, il s’agit là d’une authentique pente raide qui met particulièrement mal à l’aise, et ce dès les premières minutes du film. Que ceux qui n’aiment pas se sentir inconfortables devant un écran passent leur chemin tout de suite : une tension sourde et d’autant plus dérangeante qu’elle est toute en sous-entendus (l’homosexualité de Michael Sera, l’avortement d’Emily Browning… qui sans rien n’à voir directement avec l’intrigue renforcent d’autant plus le trouble général) étreint le film d’une étrangeté finalement assez inédite. Etrangeté nettement renforcée par les étendues brumeuses et sauvages du sud du Chili magnifiquement capturées par la photographie du complice de Wong-Kar Wai (parmi d’autres), Christopher Doyle.

Alors oui un casting avec Juno Temple + Emily Browning, ça promettait forcément, et la promesse est d’autant plus tenue qu’elle est inattendue. Des acteurs impressionnants et des dialogues saisis sur le vif, comme volés à l’arrachée au milieu d’un insaisissable chaos psychique.

Sorti de nulle part, Magic Magic est un mystère mystique qui en déroutera plus d’un.

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