Un film grandement sous-estimé

Avis sur Malavita

Avatar Pod607
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Ce qui choque de prime abord quand on regarde Malavita, c'est un réalisme à l'image que l'on n'avait plus l'habitude de voir dans les films de Besson, et plus généralement dans les films de gangsters.
En effet, dans Malavita, les normands sont tous moches, relous et peu accueillants, et les matheux sont tous des purs beaux gosses.
Ce film est une bouffée d'air frais, balayant tous les derniers clichés du cinéma, surtout quand on sait qu'il suffit de mettre les pieds en Normandie et de me fréquenter pour savoir que personne n'aime les normands, et que tout le monde aime les matheux.

Mais heureusement, Malavita ne commet pas le travers de se résumer à son image, et son riche scénario soulève beaucoup de points de réflexion.

L'éternelle réflexion entre l'improbable et l'impossible est abordée avec subtilité dans une scène. Semblait-il probable qu'une blagounette au sujet du chef de la mafia new-yorkaise écrite par le gamin dans le journal du lycée, se retrouve, par un concours de circonstances, à traverser l'Atlantique, puis se retrouver dans les mains dudit chef de la mafia, qui retrouvera ainsi la trace du gosse et de sa famille grâce à la feuille de chou d'un lycée normand.
Improbable, direz-vous? Et pourtant...

On remarque aussi une profonde réflexion sur l'humain et ses erreurs. Cette scène où le tueur professionnel, qui avait préparé son opération nettoyage plusieurs jours à l'avance, se met à menacer la gamine avec un flingue non chargé, et meurt quelques secondes plus tard d'un tragique accident de la route. Ah, combien les destins croisés de la fille et du tueur auraient été changés sans cette petite erreur. Mais voilà, l'erreur est humaine. Belle leçon.

Enfin, Malavita est un film qui assume ses références. D'une manière très subtile, le personnage de De Niro se retrouve à regarder Goodfellas de Scorsese, dans lequel De Niro lui-même tient le rôle-titre. Vraiment, cette subtilité se doit d'être soulignée.

Également, qui ne verrait pas une référence à Cosmopolis, au personnage de Packer et sa quête désespérée d'une coupe de cheveux, dans le personnage de De Niro, qui met à feu et à sang la moitié de la Normandie pour un problème de plomberie?

Un film riche, subtil, et scandaleusement sous-noté.

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