L’authenticité de ce film.

Avis sur Malcolm & Marie

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J’ai commencé le film trépignante d’impatience, prête à regarder ce qui allait soit devenir l’un de mes classiques ou une énième déception.

À l’heure où j’écris ces mots, je ne sais pas si je surestime un bon film car il ne peut pas être que ça, un bon film, ou s’il s’agit vraiment d’une oeuvre qui va rester avec moi longtemps. Sachez le, prenez mes mots en votre âme et conscience. Je n’ai vu ce film que ce matin et il s’agit d’une critique à chaud.

Comme le laisse entendre la musique de fin, le synopsis et même le trailer, Levinson nous parle ici de cette fameuse ligne, très fine, entre la haine et l’amour. Heureusement, et sans surprise, Zendaya et John Washington offre une performance bourrée d’alchimie. Si vous me dîtes que c’est ce que vous retenez le plus du film: je comprends.

Cependant, j’ai parfois l’impression que le film devait mettre en scène un réalisateur et un acteur, et que finalement le fait qu’ils soient ensemble ne vient qu’après, et permet de rajouter de nouvelles couches aux propos du film.

Évidement, leur histoire m’a touché, je n’aurai jamais mis une note aussi haute si ce n’était pas le cas. Dans les dialogues qui m’ont le plus marquée, ceux se concentrant seulement sur eu en tant que couple, en tant que Malcolm ET Marie, sont très nombreux.

Mais comme il me semble que c’est de ça dont vont parler la plupart des « gens », je vais pour l’instant m’attarder sur un autre point.

Le cinéma parle souvent de lui même, mais je pense qu’il est difficile d’être aussi juste que Malcolm et Marie. Pourtant sans jamais nous emmener sur un plateau, dans une salle de cinéma et sans suivre sur des journées entières le quotidien d’un homme ou d’une femme du milieu. Il ne s’agit ici que d’une soirée.

Après avoir suivi Euphoria, je ne viens qu’à me questionner sur Sam Levinson encore plus. Est-il Malcolm ou Marie ? Cette question à t’elle une réponse ? Est-il seulement l’un d’entre eux, aucun ou même les deux ?

Parfois, Malcolm me donnait l’impression qu’il m’attaquait personnellement, parce que je suis et j’aime ce que les gens qualifient de « politiquement correct » lorsqu’ils veulent reprocher à quelque chose d’être vide.

Chaque remarque sur ce qui fait le cinéma et sur pourquoi on le fait et sur comment on le fait sont celles qui me font me questionner après le visionnage.

Ces films politiques qui le sont supposément seulement à cause d’un effet de mode, ces principes de « male gaze », ces « tropes » dans lesquelles on tombe ou non seulement selon l’identité du réalisateur, nous faisant nous demander si le réalisateur fait le film ou si le film fait le réalisateur.

En partant du principe que le film appartient au réalisateur et/ou au scénariste seul, ce que Marie remet en cause.

Voir Sam Levinson, qui a écrit Euphoria, qui a écrit de nombreux personnages féminins aux facettes nuancées et nombreuses, pourtant toutes accompagnées d’une féminité certaine mais toujours unique, tout ça en nous donnant l’impression que c’est fait sans effort, que jamais il n’a écrit ces personnages comme des personnages féminins, mais elles le restent pour autant, et avec une justesse qui forge l’admiration nous parler de réalisateur qui volent des histoires dont ils ne connaissent en réalité rien tout en dupant le public: ça me fait frémir.

Quand Euphoria se fait critiquer pour sa nudité inutile et sur présente et à la fois applaudir parce que « jamais une série n’a si bien représenté l’adolescence, qui, en effet, baise » puis par la suite Levinson ouvre la réflexion sur la nécessité ou non de montrer cette nudité, en allant encore plus loin en se demandant si la question elle-même doit être poser, j’ai envie de me lever de mon canapé et d’en parler.

Tout ça pour nous demander ensuite si cette nudité diffère si le réalisateur est un homme ou une femme, et si c’est vraiment important de le savoir de toute façon. Encore une fois, cette question est soulevée par l’homme que je décris deux paragraphes plus haut.

Je prends trois exemples, pourtant je pense que je pourrai en prendre 100, tant chaque réplique pourrait nous mener à faire pause pour se questionner sur le cinéma, l’amour et finalement notre société, aussi cliché que cela puisse paraitre. Pourtant jamais le film n’en fait trop, tout semble être fait sans effort, tout semble, finalement, authentique je suppose :)

Ce qui fait que le film n’est pas un essai. En réalité, retenir la relation de Malcolm et Marie en tant que couple et non en tant que réalisateur et actrice est en fait le plus logique. La vraie beauté du film se tient dans leur relation, dans les personnes qu’ils sont individuellement, dans les émotions qui nous communiquent plus que dans les débats qu’ils soulèvent.

Après peut-être que la beauté du film tient dans le juste milieu des deux.

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