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Mandela : Un long chemin vers la liberté par Filmosaure

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Justin Chadwick porte à l’écran une adaptation fidèle de l’autobiographie publiée en 1994 par Nelson Mandela. Une belle aventure, altérée par quelques défauts trop apparents.

Nelson Rolihlahla Mandela, dit Madiba, s’est éteint le 5 décembre 2013 à l’âge de 95 ans. Mandela : Un long chemin vers la liberté jouira sans nul doute d’un certain succès dans les salles, porté par le timing tragique de sa sortie. Après seize ans de travail d’adaptation, on doit lui accorder une volonté de coller au plus près des pas de l’homme qui a délivré l’Afrique du Sud de l’apartheid, dans la sphère publique autant que dans sa vie privée. Justin Chadwick fait la lumière sur l’homme politique, le révolutionnaire, le prisonnier, mais également le mari, le père, l’homme orgueilleux que nous aurions tendance à oublier. Ces éléments sont d’autant plus cruciaux qu’ils nous permettent de comprendre l’ampleur du chemin parcouru par un homme qui a évolué jusqu’à mener sa révolution de manière pacifiste.

Un focus inhabituel est opéré sur les deux premières femmes que Mandela a aimées, la première révélant la part d’ombre d’un homme impulsif, infidèle, mais également dévoué à sa cause au point d’abandonner régulièrement sa famille pour cause… d’emprisonnement. Sa séparation de sa seconde femme, Winnie, est également un éloignement symbolique des mouvements radicaux qui exigeaient une prise de pouvoir vindicative.

Malgré une certaine émotion, due au parcours incroyable de Nelson Mandela et au respect que l’on éprouve face à ses convictions, Un long chemin vers la liberté aurait pu être encore plus touchant. Le film souffre du défaut de nombreux biopics qui ne parviennent à bouleverser le spectateur : les événements s’enchaînent, inlassablement. Un rythme presque frénétique qui aurait bénéficié de pauses au contraste bienvenu.

L’autre défaut de l’oeuvre, et pas des moindre, provient du casting d’Idris Elba pour le rôle principal. Il ne s’agit pas de ses qualités d’acteur – qui bien que vacillantes à certains moments, restent extraordinaires : on croirait parfois entendre Madiba – mais bien de son apparence physique. Il faut avouer qu’Idris Elba ne ressemble pas à Nelson Mandela. Le regard espiègle et empreint de douceur de Morgan Freeman faisait l’affaire dans Invictus, mais un Elba jeune grimé en homme de 75 ans à l’aide d’une perruque blanche jure terriblement, assez pour perturber une expérience cinématographique par ailleurs agréable. Il est compliqué d’incarner un homme de son vivant – ou juste après son décès, comme en attestait le challenge Jobs relevé avec brio par Ashton Kutcher – mais on soupçonne ici la facilité d’opter pour une tête d’affiche connue plutôt que d’opter pour un acteur sud-africain par exemple, ou plus ressemblant.

Mis à part ces quelques points, force est de constater que Justin Chadwick, le producteur Anant Singh et le scénariste William Nicholson ont su tirer l’essence du combat mené par Mandela. Un film à voir absolument au final, pour sa portée historique. Et si l’on aurait souhaité assister à une retranscription grandiose, on se contente d’un exercice de qualité, respectueux de la vie et de l’oeuvre de Nelson Mandela.

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