Please don't scream.

Avis sur Maniac

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Remake d'un film 1980 (réal William Lustig)

A la production William Lustig et au scénario, notamment, Alexandre Aja.

Je ne me souviens que de bribes du premier Maniac, alors je ne vais pas m'amuser à faire des points de comparaison, mais globalement ce film est bien plus qu'un remake, il n'est pas une pale copie qu'on réactualise à la sauce d'aujourd'hui pour ramener des spectateurs à moindre frais.
Maniac est une véritable création cinématographique.

Âmes sensibles, sans blague, n'allez pas le voir.
Une dizaine de personnes sont sorties de la salle.
Et pour cause.

Ici, vous n'avez pas à faire avec un film d'horreur/thriller classique, ni même à un slasher movie qui vous mettrait vaguement mal à l'aise pendant les scènes gores.
Dans ce Maniac, vous êtes LE Tueur. Vous êtes dans sa tête. Vous voyez par ses yeux, collez votre respiration sur son souffle, crispez les doigts quand les siens s'agrippent au volant. Et vous chassez. Avec lui. Vous guettez la proie, vous la connaissez, la reconnaissez, la suivez dans le noir. Vous ne savez encore pas bien jusqu'où ça va aller, mais vous savez que ça va mal finir. Dans la douleur, le sang, et le psychodrame.

Ambiance étouffante et angoissante garantie.
C'est flippant parce que l'on plus acteur que spectateur de ce qui se passe. Flippant parce qu'on est alors dans la même situation que Frank qui n'arrive pas à contrôler ses pulsions, ses souvenirs, sa colère. Submergés.

Le pari de cette caméra ultra subjective est parfaitement maîtrisée, et non, il n'y a d'images toutes tremblotantes de caméra à l'épaule à nous donner la gerbe (ouf). Et oui, il y a de superbes plans, où le réalisateur s'amuse avec les reflets dans lesquels on voit l'acteur (Elijah Wood) qui se voit lui-même. Regard perdu et glacial à la fois. Des plans où l'image joue à qui est qui, qui regarde qui, et qui va faire quoi.

Tension continuelle.

Petite aparté de l'historiette d'amour (je crois que ce n'est pas dans l'original, à revérifier), qui n'est pas trop chiante et planplan avec rédemption, culpabilité et tout le tralala. Cette histoire trouve sa place (et l'actrice est tellement jolie), et son sens, et son apogée merveilleusement morbide.

Les scènes de meurtre sont rapides, violentes, pleine de sang. Pas de chichiteries, de poursuites à rallonge, de torture sans queue ni tête... etc...
C'est comme un coup de pression monté à son paroxysme et relâché aussitôt.

La présence d'Elijah Wood est incroyablement intense. Sa présence, sa voix, ses phrases qu'il répète, son reflet au détour des miroirs et des vitres, on le sent partout, rôdeur, menaçant.
Et l'utilisation des mannequins de vitrine est une idée tellement forte visuellement, et parfaitement exploitée ! On dirait qu'ils vont prendre vie, qu'ils ont cette netteté immaculée fantasmée par Frank.

La musique aussi joue beaucoup sur l'ambiance sombre. Les ajouts sonores ne sont jamais utilisés à grand coup de BoumTchakPatratrak pour nous faire bondir sur notre fauteuil (presque par réflexe), ici, l'atmosphère est lourde, elle nous entoure : une musique un brin dark new wave, ambiance un peu électro qui sonne vieillotte. Un lien aussi avec les images de la ville, parfois des bâtiments très modernes (tout en verre et ferraille) et parfois vieux, décrépis. De vrais liens visuels et sonores comme pour tenir ensemble l'origine de Maniac années 80 et le Maniac d'aujourd'hui.
Même Elijah Wood porte des vêtements dépassés (col roulé, veste en tweed) par rapport aux autres personnages du film.

Un film original dans la production habituel du film de tueurs en série, avec un réel parti pris artistique et jouant sur l’immersion du spectateur avant de lui donner du spectaculaire.

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Maniac est une œuvre produite par Warner Bros©, découvrez la Room 237 de SensCritique.

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