You're thrashing all around, acting like a maniac...

Avis sur Maniac

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Une paire de jumelles au bord de la mer, un souffle fort, un couple, deux meurtres horribles et le film se lance !
Plus on plonge dans les tréfonds des dérives de la psychologie humaine dans les films d'horreur, plus il a tendance à me plaire et Maniac en est l'un des plus fervents représentants !
Il s'agit du premier film de Lustig, ses précédents ayant été réalisés sous un pseudonyme, et restera son seul film marquant dans la sphère horrifique ainsi que son Maniac Cop qui sortira 8 ans plus tard...
Bien qu'il soit catalogué comme un film d'horreur, le film adopte un registre dramatique, on y explore la psyché d'un homme obsédé par les mannequins, les femmes (le fait qu'il scalpe ses victimes est inspiré du tueur en série Ed Gein) et très touché par la mort de sa mère qui l'a visiblement plongé dans cette folie meurtrière...

Frank Zito est une allégorie de la sociopathie, les seules "personnes" auprès desquelles il trouve un certain réconfort sont ses innombrables mannequins présents chez lui, en effet Zito n'est pas physiquement attirant et étant dépendant de sa mère, n'arrive pas à s'adapter au monde extérieur qui est cruel...
Cruauté montrée, comme tout bon slasher qui se respecte, à travers des scènes de tension sexuelle, et j'insiste sur le mot "tension", fiez-vous à la scène où Frank strangule une prostituée...

Et visiblement les mannequins lui rappellent sa mère quand ceux-ci sont coiffés d'une "perruque" ensanglantée, et c'est là qu'on perçoit la référence à Ed Gein qui récupérait des parties de corps humain pour embaumer sa défunte mère !
Et la sociopathie c'est ça, cette incapacité à s'adapter au monde extérieur jusqu'à devenir asocial, et étant donné l'état psychologique du personnage, les mannequins que l'on voit inerte sont animés dans l'esprit de Frank et ceux-ci

vont s'animer dans la dernière séquence afin de tuer Frank, une façon de représenter qu'il a atteint l'apogée de sa folie, la conscience des meurtres ainsi que sa souffrance psychologique prennent le pas sur sa vie au sens littéral.
A l'image des corps qui se délivrent de leur enveloppe, Frank se délivre de cette souffrance de vivre, sa folie l'emporte vers la mort.

Le film ne s'accorde pas de plans au contenu réaliste, ils sont toujours sombres, poisseux, glauques, telle la façon dont Frank perçoit cet environnement qui est enfer à vivre chaque jour dont il peine à s'échapper même en dormant...
Une fois sorti de chez lui, la musique change, elle est anxiogène, Frank est un danger pour les autres et lui-même n'appartient pas à ce monde, la ville qui ne dort jamais ne lui laisse aucun répit, chaque recoin est anxiogène...

Chez lui, le thème mélancolique du film se met en route, on assiste à son état de santé mentale, que son appartement représente d'ailleurs ! Une fois dedans, Frank peut parler seul ces mannequins incapables de parler, qui sont des figures de sa défunte mère qui ne sont plus que des souvenirs, des ressentis qui ne peuvent plus communiquer avec lui.
Personne d'autre que lui ne pénètre cet appartement, tant Frank est marginalisé et seul avec ses problèmes mentaux !

Un de mes films préférés, et il est encore possible d'approfondir tant le propos du film est profond et intéressant ! Le meilleur slasher qui soit, qui ne se contente pas de tuer pour le plaisir ou pour servir un propos vu et revu, sortie la même année que Vendredi 13 aux débuts de la popularité du genre du slasher, le film propose un point de vue intéressant sur l'état psychique de son tueur plutôt que les déboires inintéressants de ses victimes ! Un chef-d'oeuvre du cinéma d'horreur !

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