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Marathon d'automne par Eowyn Cwper

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Un coup de fil après l'autre, Andreï tisse la toile de mensonges qui relient ses deux foyers l'un à l'autre. Infidèle mais incapable de s'assumer comme tel, il fait de son épouse et de sa maîtresse deux femmes égales dans leur sensation d'être trompées, se transformant lui-même en polygame accidentel. On verra que tout, dans sa vie, est accompli par un similaire manque de volonté, une absence de courage qui lui fait tenir cahin-caha tous ses engagements imaginaires.

Andreï est traducteur de romans et explique à ses étudiants que la vocation de son travail est de favoriser l'entente entre les peuples. Dans le goût de ce que Daneliya appelle sa "comédie triste", il en est en fait tout aussi incapable que de faire valoir la bonté en lui qui fait que malgré tout, ses deux compagnes ne le quittent pas.

Le scénario est parfois aussi mou que ses interprètes, mais c'est un rythme de vie nouveau qui infecte la "petite" Leningrad, celui des grands bureaux, des rendez-vous et de la productivité. Daneliya nous fournit un véritable pendant positif à la période de grande crainte liée au retour du fascisme en Occident. Garanti sans propagande, le film s'attaque aux us sans velléité mais démontre, comme Andreï, une infidélité grisante et précoce à la grande URSS.

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