I'm a loser baby

Avis sur Marche à l'ombre

Avatar Jocelyn Manchec
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On a les musiciens qu'on mérite.
A l'Harry Nilsson originel (et Warren Zevon et John Barry), Marche à l'Ombre, sorte de Macadam Cowboy parigot (mâtiné de Woody Allen !), misait quant à lui sur Renaud et Téléphone.
Mise à part cette grinçante réserve (à laquelle il faudra ajouter la confondante non-performance de Sophie Duez, nullissime) et passée la prime impression de voir les ficelles beudimouvisques et les caractérisations de Viens Chez Moi J'Habite chez une Copine ouvertement pompées, il faut reconnaître au premier film de Michel Blanc (qui n'était pas parti pour réaliser mais y fut encouragé par Leconte) une certaine aisance à traverser le temps (plus que nombre de franchouilleries populaires contemporaines).
Usées depuis jusqu'à la corde, les répliques y font par exemple encore mouche, replacées dans leur contexte, et le ton général, malgré un "exotisme" facile, n'est pas dénué d'intérêt.
On y découvre ainsi un Paris de la marge et des laissés-pour-compte de la société (squatts et système D), entre délinquance gentillette et sordide toxicomanie (le "cadre" est, peu ou prou, le même que dans Le Marginal, la prostitution en moins), loin de l'imagerie romanesque et peu convoqué encore alors, surtout dans la comédie populaire (Les Ripoux ou Black Mic Mac n'arriveront que plus tard).

Mais la principale force est ailleurs sans doute, là où elle était déjà dans le Schlesinger: est signé là un joli poème, hilarant et touchant, à la "gloire" des losers.

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