On a tous une passion Rocco, mais parfois c'est la vie qui décide de ce que tu fais

Avis sur Marina

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Marina est le nouveau film de Stijn Coninx – étant déjà à l’origine entre autre de Daens et Sœur Sourire – basée sur les souvenirs d’enfance de Rocco Granata, chanteur italo-belge et virtuose de l’accordéon devenu célèbre avec sa chanson du même nom.

Italie, 1948, Rocco alors âgé de 10 ans vit dans un petit village pauvre de Calabre jusqu’au jour où son père – Salvatore – décide de partir pour la Belgique en quête d’un meilleur avenir pour sa famille. Il part seul dans l’espoir de gagner assez d’argent afin de pouvoir revenir riche au pays dans trois ans mais il fera rapidement venir sa famille à Waterschei.

Du jour au lendemain, dans la grisaille du Limbourg, Rocco devient un migrant. Il se heurte à une langue et à une culture différente ainsi qu’au racisme de l’époque de la bourgeoisie flamande. Il lui faudra lutter. Lutter pour réaliser ses rêves, lutter pour son identité, pour sa passion, lutter contre son père - surtout. Car Rocco veut devenir quelqu’un dans un pays où il n’est encore personne.

Ce film est à l’image de la musique qui l'accompagne: on se retrouve entrainé dans une valse tournoyante et pleine d’émotions mais toujours juste. Air sur lequel la comédie se mèle au drame, la romance au film historique, les paysages ensoleillés de Calabre à la bruine bien belge, du métier de mineur à celui de musicien,…

Evelien Bosman (La Ragazza) et Matteo Simoni (Rocco) y dansent à merveille, nous emportant au passage avec eux dans leur histoire d’amour touchante et belle à sa façon. Luigi Lo Cascio et Matteo Simoni sortent du lot, se distinguant par deux excellentes prestations riches en émotions et signent les plus belles scènes du film.

Alternant entre l’italien et le flamand, on se laisse facilement charmer par le mélange des accents, des expressions et des cultures. Si cette mixité nous semble aujourd’hui évidente tant on la cotoie tout les jours, elle était encore loin de l’être à l’époque.

S’il y a pour moi une chose à retirer de ce film, c’est l’importance cruciale d’avoir un rêve. Un rêve auquel il faut avoir la force de s’accrocher, coûte que coûte, car c’est ce rêve qui en fin de compte définit le mieux qui nous sommes.

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