Un film qui a du chien. Mais pas que.

Avis sur Marley & Moi

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"Could you be loved and be loved ?" ; "Ouaf ouaf !"qu'il répond. C'est que le meilleur ami de l'homme a du goût, et en entendant Bob à la radio dans la voiture aux côtés de son maître, Marley a choisi son prénom.
Marley, ce labrador trognon comme tout à en faire soupirer les plus insensibles d'entre nous qu'Owen Wilson offre à sa compagne Jennifer Aniston pour son anniversaire. Pas fou le bonhomme, tant la peur d'être père le titille depuis que sa ravissante femme exprime le désir de passer à la prochaine étape d'un plan de vie idéal bien établi.
Un chien pour gagner du temps, pourquoi pas, puisque dans Marley & moi, cela fonctionne. Ce qui n'était pas prévu, c'est que "Toutou en solde" est une vraie tornade ambulante qui n'obéit à personne et encore moins à ses maîtres. La délicieuse Kathleen Turner s'y cassera d'ailleurs les dents, toute éducatrice teigneuse qu'elle soit.
Pourtant, même le pire chien du monde peut témoigner d'une fidélité et d'une affection infinies, et devenir le ciment consolidant une famille en pleine construction. Il n'y a qu'à se laisser tenter par le long métrage de David Frankel (réalisateur du génial Le Diable s'habille en Prada) pour s'en convaincre.

On pourrait s'attendre à une comédie américaine typique, avec son lot de gags, des allusions dithyrambiques à peine voilées sur l'American way, un happy end portant en triomphe la morale, et peu d'efforts de réflexion demandés au spectateur qui n'aurait qu'à se laisser bercer gentiment devant un bon petit film divertissant et dont on attend guère plus. Et bien perdu. Marley & moi, c'est bien plus que ça. Si cela commence effectivement sur un cliché cinématographique (un homme refusant de passer à l'âge adulte et fuyant les responsabilités a toujours eu le vent en poupe), le mistral change très vite de cap pour transformer astucieusement le Vendée globe en incursion dans la vie d'un couple naviguant loin des fleuves tranquilles.

On était en droit de craindre une énième relecture de Beethoven, comédie familiale qui du reste ne manque pas de chien. Très rapidement David Frankel met la pédale douce sur les gags canins pour s'intéresser sur une longue période - via une pléthore d'éllipses - au quotidien du couple Wilson / Aniston, le toutou n'étant que le prétexte du voyage auquel nous sommes conviés. Il est le point de vue extérieur, le même que celui du spectateur. Il faut dire que le livre dont est tiré le film prend ce parti, puisque l'auteur John Grogan a écrit ce best-seller pour raconter non pas la vie d'un chien mais la naissance d'une famille, ce qu'elle va vivre, la boule de poils étant autant l'initiateur que l'inhibiteur.

Une place prépondérante occupée par Marley qui facilitera notre attachement à ce personnage quadrupède hors norme, ses gaffes entraînant rires et fous rires. Mais au delà de ça, le film nous invite à réfléchir sur le renoncement, les sacrifices, le mariage, les illusions perdues et même la mort. On s'étonne alors de passer des rires aux larmes, de la réflexion à la contemplation. Et si filmiquement on a déjà vu plus virtuose malgré quelques plans d'ensemble à l'esthétique irréprochable, la tendresse dans laquelle le film nous immerge prend le pas sur tout le reste.

Une tendresse parfois exacerbée qui deviendra le seul talon d'Achille du long métrage. Le finale est à ce titre la parfaite illustration de cette envie permanente de caresser le spectateur dans le sens du poil, quitte à s'éterniser pour être sûr qu'il n'y a plus de larmes à faire déverser dans l'auditoire. En dépit de cette légère bévue, l'attendrissement nait de notre attachement au couple et à leur chien, parce que l'histoire est humaine avant tout. Une comédie mélodramatique en somme, mais qui fait un bien fou.

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