Aimer au Moyen-Age

Avis sur Masaan

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Rencontre laborieuse de deux destins brisés, chacun faisant l’objet d’une aventure dans le même film, et démarrant juste par le crime d’aimer, aujourd’hui dans Bénarès, capitale spirituelle hindou au nord de l’Inde, péché susceptible d’être balancé directement au bûcher (« Masaan ») des condamnés sociaux. Issue d’une famille modeste de commerçants gardiens des traditions, la jeune femme retrouve secrètement son amant dans une chambre d’hôtel, unique stratégie possible dans cette ambiance moyenâgeuse. Le jeune homme fait partie des misérables incinérateurs de cadavres et répond à l’amour d’une inaccessible habitante d’une caste aisée pourtant prête à tout pour que triomphe leur beauté.
A partir de ces équations insurmontables de stupidité, la dictature des sentences socioculturelles et des bondieuseries archaïques entraineront une cascade de larmes, d’injustices, de drames, d’absurdités et de malfaisances frappant tous les aspects de la vie. Au travers de leurs mésaventures découlant d’un traditionalisme mortifère se dénoncent la soumission féminine, le droit d’ainesse, la corruption policière, les échecs scolaires et professionnels, le commerce des rumeurs et des discrédits, les fugues et suicides, l’exploitation d’une situation générale qui entretient voire organise la misère comme l’asphyxie de l’amour, de la liberté et de l’évolution.
Par cette comédie dramatique franco-indienne, Neeraj Ghaywan se fait l’ambassadeur réaliste et affolant de la dualité accablante et poignante entre l’ankylose rétrograde des conservateurs et la soif d’ouverture progressiste de la jeunesse.

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