New York New York.

Avis sur Mean Streets

Avatar Errol 'Gardner
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Très grand film.

On en parle généralement comme le premier grand film de Scorsese. Pendant essentiel de "Taxi Driver", il est la quintessence du style du réalisateur italo-américain. Tout y est : la rédemption, les caïds et petites frappes idéalistes qui se construisent et se rêvent en véritables gangsters (*annonçant "Les Affranchis" avec presque 20 ans d'avance*), virtuosité des plans servant une idée, et surtout, musique rock (et plus exactement les Rolling Stones que l'on peut entendre dans ses autres films).

Drame psycho et jeux de gangsters dans les rues poisseuses et souillées de Little Italy, cette oeuvre majeure retrace les pérégrinations marginales et criminelles de deux américains à New York, à savoir Keitel et De Niro. Le point de vue est celui de Scorsese enfant, cet "Hugo Cabret" des rues du quartier italien qui idéalisait la vie des gangsters moyens proche du peuple.

Ce film est aussi un "VS" entre Keitel et De Niro. Amis (dans la vraie vie aussi d'ailleurs), les deux personnages sont pour autant radicalement opposés. L'un (Keitel) essaie de devenir quelqu'un dans le milieu. Profondément catholique, il est le pote de Bob de Niro, un tant soi peu plus déchaîné, plus irrationnel, impétueux, bouillant et impulsif que son comparse. De sexe en beuveries, de tirs aux carreaux de fenêtres sur toit new yorkais en dettes impayées, de costards italiens en crises d'épilepsies, d'affrontements virils en chasse au tigre, c'est presque un "Short Cuts" de petites histoires dans un Little Italy des années 1970 très attrayant. Il n'y a pas d'intrigue à proprement parler dans cette oeuvre, si ce n'est Bob De Niro lui-même, ou ses dettes.

Ce film est avant tout le passage du flambeau d'un alter ego à un autre alter ego : Keitel était en effet l'acteur fétiche de Scorsese (il avait entre autres tourné pour lui dans "Who's knocking at my door?") ; après ce film, plus rien ne sera comme avant. C'est De Niro qui devient l'acteur phare de Scorsese. Il explose totalement dans ce film. En fait, c'est la légende qui est déjà là. Mais, un peu à la manière d'un Scarface pour Al Pacino, son personnage est un peu ahuri, abruti, bêta presque. Il s'emporte trop facilement mais reste néanmoins attachant et sympathique tout de même. Ce qui est sûr, c'est que l'acteur mouille le maillot comme un boxeur, taureau déchaîné.

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