Brûle des trucs et roule toi dans la cendre, c'est bon pour la peau

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La vie c'est comme une limousine assez longue pour mettre des gens dedans, trop grosse cependant pour passer sans forcer. Mais quand bien même ça passe en frottant sur les bords, faut faire mine d'avoir sa place au bout du chemin. On a beau être bien habillée, dans une robe avec un bouquet (qu'on n'a pas choisi d'ailleurs) c'est toujours trop tôt. Toujours trop tôt quand on veut pas.

Alors Wagner qui nous rappelle que Tristan n'aimait pas Iseult (si on connaît un minimum la légende) nous rappelle que la douleur a tendance à frotter. La douleur ça frotte et ça gratte, et le craquement c'est souvent très agréable. Comment rappeler le grattement lucide de la vérité sceptique sans ressusciter Wagner. C'était plus simple dans «Apocalypse now ». C'est plus simple quand une mitraillette pulvérise. Des lianes autour d'une mariée dans un monde condamné, c'est pédant. Et pourtant.

L'amour égocentrique veut tirer vers le haut, là où le regard des autres irradie comme un soleil heureux. La porosité des ambitions mets du vide dans l'estomac et il faut creuser creuser creuser pour accepter la dépression omniprésente dans le cœur de celui ou celle que l'on pensait connaître. Accepter le vide en soi pour toucher la matière. Le fond du problème est là quand les autres disent qu'il n'existe pas, alors que Kristen est à deux doigts de leur expliquer tout ça. Mais elle ne le dis pas, pas dans la première partie en tout cas. La conviction ne se dit pas, si elle parle de mélancolie, pour le ménagement commun. La conviction est un chagrin.

Anorexie violente et hygiène approximative, pour compenser la lucidité qui n'est pas bienvenue. Quand le sens n'existe plus, et que le corps frêle et maigre en parle. Quand avancer est absurde et que l'esprit éclairé s'en nourrit, le père de famille critique.

Mais quand la grande planète bleue met les doigts dans le nez, comme une mort programmée qui n'a que faire de la science, Mari affolé, tu t'enfuis. Et celle qui, nouvellement heureuse, avait accepté l'absurdité, rappelle à ta femme, seule depuis que tu es parti, que le vin rouge n'est pas un exhausteur de vie. Le rouge tâche comme le blanc, et au fond on en est conscient. C'est beau.

Parce que quand la vérité éclate, c'est celle qui pleurait au début qui crée la cabane des personnes soudainement perdues.

La lèvre
Perpétuellement tremblante
Tremble toujours moins
Qu'une panique sur la fin.

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