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Melancholia par Armadeon

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Époustouflant, perturbant, ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit pour parler de ce film. Je ne connaissais pas Lars von Trier et je dois dire que son univers, bien que très sombre (le film porte bien son nom), m'a subjugué.
Le film s'ouvre avec une espèce de prologue avant de se dérouler en deux chapitres. Je dois tout d'abord dire que ce "prologue" est superbement fabriqué, avec des photographies de dingues et des plans aux ralentis tous plus beaux les uns que les autres, le tout sur une musique stressante mais grandiose de Wagner. Si certains se seraient ennuyés devant la lenteur de ce début de film, moi, j'ai adoré.
Le premier chapitre se centre sur le mariage raté de Justine et Michael, et particulièrement sur le ressenti de Justine pendant son mariage. Tout est fait pour mettre la mélancolie de Justine au premier plan, et nous plonger au cœur de son mal-être : très peu de bande son, sauf lors des moments clés ou la musique de Wagner vient hanter le spectateur ; des plans caméra à l'épaule ; et bien sur l'excellent jeu d'actrice de Kirsten Dunst, que je connaissais peu, et qui m'a vraiment fait un très bon effet. On a un contraste saisissant entre Justine et les autres, l'une semblant être d'un autre monde, souriante en public et pourrie à l'intérieur, allant même jusqu'à coucher avec un inconnu, démissionner de son travail et quitter son mari après la soirée du mariage.
Le second chapitre se centre sur la sœur de Justine, Claire, alors que Justine est en dépression et que Claire s'occupe du mieux possible d'elle pour tenter de lui redonner le goût de la vie. On apprend alors que la planète Melancholia, jusqu'alors cachée par le soleil, est sur le point de passer à côté de la Terre, voire de la percuter. Alors que la première partie faisait ressortir la mélancolie, le "spleen", l'état dépressif de Justine, cette deuxième partie insiste sur le stress, la peur panique de Claire terrorisée à l'idée que cette planète heurte la Terre, et soulagée lorsqu'elle s'en éloigne. Là encore, la magie de la mise en scène et le talent de Charlotte Gainsbourg jouent beaucoup dans l'instauration de cette ambiance.
Enfin, le dénouement est d'une beauté et d'un pessimisme absolu, et vous fera réfléchir pendant un long moment. Alors que Justine, calme et sereine, tente d'apaiser son neveu et sa sœur, Claire est éprise de panique et de morosité, et tous les trois se retrouvent sous une cabane, à attendre la fin du monde, sur la musique de Wagner.
C'est alors qu'on comprend : quel rapport entre un film catastrophe de la sorte et la relation entre deux sœurs ? En fin de compte, la relation entre les deux planètes et celle entre les deux soeurs sont liées, et Melancholia, s'approchant de la Terre, achèvera de la détruire de même que la mélancolie de Justine détruisit l'envie de vivre de Claire.
En conclusion, un film d'une tristesse sans qualificatif et pourtant si magnifique à regarder. C'est à se demander si, parfois, l'homme ne trouverait pas le bonheur dans son propre malheur.

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