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Memory Lane par Homlett

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Cinématographiquement, au début, c'est carrément grotesque. Genre « Plus belle la vie ». Après ça s'améliore (ou on s'habitue) et disons que "ça passe". Autant dire donc qu'on n'ira pas pour ses qualités de mise en scène. Ni pour sa musique d'ailleurs ! Un genre de guimauve pseudo torturée (les personnages sont un peu musiciens sur les bords). Mikhaël Hers confesse pourtant une passion pour la musique et dit même avoir écrit son film dessus...
Bon, comme c'est jamais facile d'attaquer un premier long métrage, on peut malgré tout reconnaître que certaines scènes sont réussies. La scène de sexe, par exemple, ne manque pas de pudeur sans être prude pour autant. L'éclairage y est franc, les plans sont affirmés et le désir n'en devient que plus palpable pour le spectateur. (On ne comptera pas la seconde scénette ridicule du genre « Au fait, j'ai pas oublié de te mettre une bite la dernière fois ? »). Autre scène réussie, celle inquiétante des skin-head qui coursent un bus quelques dizaines de mètres. Bref, ça marche ici ou là. Mais globalement c'est quand même assez mauvais.

Mais des films mauvais sur la forme peuvent tout de même parfois se redempter sur le fond. Pas celui-ci... Il suffit d'interroger le réalisateur pour comprendre :
- « Quels étaient vos objectifs en réalisant ce film ? »
- « Euh... bonne question. Je fais un de ces rares métiers qui n'ont pas d'objectifs je crois. »
Voilà, tout est dis. Le film ne sert à rien donc. Il ne s'agit pas nécessairement d'avoir un message précis, mais il me semble qu'il faut nécessairement avoir un objectif. Par exemple faire le portrait d'une génération, d'une classe sociale, voire chercher à cerner un sentiment, une humeur de la société. Ou alors, on travaille le film de genre (ce qui n'exclu pas nécessairement le reste). Or justement, ce film est caractéristique "d'une certaine tendance du cinéma" (pas que français) qui conciste à traiter les films intellectuelo-autoro-sociaux comme du cinéma de genre, mais en oubliant d'avoir un propos, un objectif. C'est un cinéma qui à maintenant ses codes, et qu'il suffit de convoquer pour mimer une intelligence. Alors oui, le film "parle" sans doute de la nostalgie, de l'amitié ou de la banlieue parisienne. Mais il ne dit rien, il n'esquisse pas un propos.

Bref, il y a des films plus mauvais que celui-ci, mais bien meilleurs aussi... Et puis j'ai quand même hâte de retrouver Dounia Sichov !

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